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    Mutisme (le corps des faits)

     
     
     
    Mutisme (Le corps des faits)

    Lourd

    Mon corps est lourd
    Il a oublié
    Il s’est effacé

    Faignant le trépas
    Au regard d’un lit
    Dans de beaux draps de lin...
    Seul
    Papier-émeri

    A l’envers

    Pendu

    Mon cœur s’est pendu
    Il n’a pas su
    Il n’a pas vu

    N’a pas voulu

    Ce vide en absence
    En dessous de verre
    La pierre… à perte de vue
    Ce goût amer… la terre

    L’antre où il se taire

    Liées

    Mes mains sont liées
    Elles ont fleuri
    Elles ont fané

    Au secret d’un jardin

    Mouvoir l’infertile
    Les ailes orphelines
    D’un corps défait

    Perdue

    Une petite fille s’est perdue
    Ce matin là… c’était l’été

    Éperdue
    Elle se balance
    Intérieur
    Sur l’arrête des mots

    Fendue

    Sa bouche s’est fendue
    D’un palais de glace
    Un cloue sur le bec
    Édicte sa loi… Réticence

    Suspendue

    Elle est suspendue
    A l’orée du monde
    Pendue à vos fils

    A vos mots décousus
     
     
     

    Je ne t'aime pas

     
     
     
    Je ne t’aime pas

    Non ! Je ne t’aime pas…

    Souviens-toi…
    J’ai aimé mon père
    Un vampire en mon cimetière

    Penses-y…
    J’ai aimé ma mère
    La Clouée, mon fade Cerbère

    Non ! Je ne t’aime pas…

    Nul concept poussiéreux
    Nulle corde au coût vertigineux

    Vois l’issue…
    Je n’ai plus de père
    Me reste un vestige, une poussière

    Vois mon mal…
    Je n’ai plus de mère
    Restent les plaies, la meurtrière

    Non ! Je ne t’aime pas…

    Nul concept poussiéreux
    Nulle corde au coût vertigineux

    Penses-y…
    En un mot un nom
    L’on crée l’oiseau et la volière

    Souviens-toi…
    En mes maux mon nom
    Le Sceau de la Mort est lumière

    Non ! Je ne t’aime pas…

    Nul concept poussiéreux
    Nulle corde au coût vertigineux

    Vois plus loin…
    Au-dedans, l’émotion m’est fleur
    Nul vocable ne peut l’éclore

    Chut regarde…
    J’ai ouvert la cage aux « Je t’aime »
    Délivrant les nénies de leur anathème

    Non ! Je ne t’aime pas…

    Nul concept poussiéreux
    Nulle corde au coût vertigineux

    Chut... écoutons…
    Et Léguons au silence l’égard
    De nous (dé)couvrir sans fard