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    La chair

     
     
    La chair

    La chair s’effarouche
    Du jade exhortant
    Le précipice farouche
    Edit de l’exécutant

    La chair s’ecchymose
    De phalanges gluantes
    Leurs caresses nécrosent
    Le désir de la Mante 

    La chair se répugne
    D’œuvres malfaisantes
    L’obscène l’empoigne
    De sa poigne méprisante

    La chair se cloisonne
    De non-sens spectral
    La chair se façonne
    D’archives ancestrales

    La chair-voix vocifère
    Mielleuse et sanguinolente
    La missive mortifère
    D’une Peau d’âme dolente
     
     
     
     
     

    Le Crime Parfait

     
     
     
    Le Crime Parfait

    La Lumière défaite se retire
    Dans l’âme soumise hostile
    L’Ombre innocemment se faufile

    Chut ! la Mort impavide l’attire
    Il se tient sur le seuil pensif…

    - Dis me donneras-tu de l’amour ?
    - Tu as déjà Mon amour !

    Le fouet de la solitude l’éventre
    Il se sent si seul sur son esquif…

    - Dis seras-tu là toujours ?
    - Je suis là depuis toujours !

    Une berceuse lacère en son ventre
    Il se rend peu à peu encore craintif…

    - Dis verrais-je enfin la beauté du monde ?
    - Tu verras la Beauté de Mon monde !

    Stop ! la Voix ténébreuse là tire…
    Un chant satanique l’empoigne
    Les cieux grondant en témoignent
    Le môme trop faible s’éloigne

    Puis…

    Il sentit une douce chaleur diffuse
    Inconnue en son funeste refuge
    Son âme étrangement confuse
    Il prit la voie d’un amour lucifuge

    Depuis…

    Les Ténèbres sont sa Lumière

    Mais….

    Du fond de la nuit l’on entendit
    Ce cri déchirant qui encore retentit…

    - Save Our Souls... Save Our Souls... Save Our Souls...
     
     
     
     
     

    Confusion onirique

     
     
     
     
    Confusion onirique


    La plaie s’éprend de l’horloge, le temps s’éventre.
    L’irréductible outrage, revenant, me convit en son antre.
    Le dragon rouge approche vomissant son puant enfer.
    Un brumeux mutisme égorgeur, avide de régressions,
    Fait tinter l’hallali ; sonne le glas du captieux paradis.
    Ses os sur sa gorge sont l’échafaud de cette tragédie.

    Elle est momie ambulante, sans langue, les yeux percés.
    Et dans la crypte aux tourments où suinte la terreur,
    Je la sens qui me regarde. Est-ce moi ? Est-ce elle ?
    Est-elle la came? Suis-je l'isoloir? Sommes-nous la Bête?
    C’est dans cette fournaise ardente aux vapeurs d’éther
    Que j’entame une danse disloquée de pantin décalqué.
    Où est ma tête ? Où sont ses jambes ? Y-a-t-il un sens ?
    La rumeur me dit que son cœur s’est teint... d’indifférence.

    Je suis cadavre ambulant, bouche close, regard morose...
    Et dans sa crypte aux cieux empourprés par la frayeur,
    Elle m’exige à son macabre bal. Je m’abandonne démasquée.
    Est-ce elle ? Est-ce moi ? Suis-je la Bête ? Laissez-moi !
    ( Qui-ça, toi ? Non, toi ! Ah ! tu veux dire nous ? Grrrrrr…)
    J’entame alors une danse immortelle de pantin décalqué,
    Tournoyant au gré de folles incantations du cœur.
    Où est ma tête ? Où sont ses jambes ? Y-a-t-il un sens ?
    Dans le lointain, la pesante heure profère sa mise en garde :

    « Ton cœur de cendre s’est teint... »
     
     
     

    Secrète alliance



    Secrète Alliance 

     
    Même si je suis le ciment de ton mouroir
    La laide heure dont tu parles me décime…

    D’un attrait subtil la secrète Horreur
    Le Secret figé m’est emblème de cœur
    Sous la Peau damnée le sceau est bombe
    Un pied dans le vide… l’autre en tombe

    Même si je te suis en ce morne isoloir
    La raideur dont tu te pares m’abîme…

    D’une souillon exilée ivre de fange
    Le sépulcre exhale sa brise étrange
    Un mal entendu des accords stridents
    La voix sépulcrale épouse l’occident

    Même si je suis le repère de ton savoir
    La froideur dont tu t’armes me lamine…

    D’une frontière aux infusions de narcisse
    La Furie se meut dans le couloir factice
    D’une fondrière aux allures de gangue
    Le Fossile déploie sa mauvaise langue

    Même si je te suis en ce monde illusoire
    La noirceur dont tu me pares s’illumine…




    L'empreinte de l'écorchée



    L’empreinte de l’Écorchée


    Elle le sait, elle l’a vu, elle me le conte sans fin.
    Est-il possible qu’elle ne soit que légende?
    Eux… Ne la croient pas…

    ***

    Du versant de la vie elle prit l’angle mort,
    Celui où les viscères s’amarrent, cruelles.
    Où l’ineffable et l’horreur règne en maître !
    Le pacte : La Murer. Rien de bien triste alors.
    Car en pleine lumière nul ne vît l’inégal duel ;
    Pas plus que le masque menaçant du traître.
    Non ! Rien de bien tragique en somme, dés lors…
    Qu’elle se blottit dans les bras de l'Infidèle!
    Signant son arrêt de vie, elle naquit au paraître.

    Je flaire un événement, un écho lointain du passé.
    Cela a-t-il un sens?
    Mais pourquoi…pourquoi ne peut-elle l’amour?

    Elle, un Tout, un Rien fantomatique dans le Néant.
    La Peur viscérale. La Brume du Dédale ancestral.
    Ô Langue Morte… dis-moi la guillotine de l’Être…
    As-tu des rires au tréfonds de ton gouffre béant ?
    Dis-moi, où se confine le décès de ta voix si pâle ?
    Les non-dits que le Pécheur vertueux ne veut connaître ?
    Quel est ce corps froid où festoient les mécréants ?
    Ce repère sous-jacent où le faux est masque vital…
    Hors du présent elle vit, rompue, dans sa jeune retraite.

    Je flaire un événement, un passé pas si lointain.
    Le sens a-t-il son importance?
    Mais pourquoi… pourquoi ne peut-elle la vie?

    ***

    Je la sais, je la vois, je vous la conte sans fin.
    Elle est mon anneau, je suis son porteur!
    Mais Eux… Eux me veulent sans ailes…




    Aneurose





    Aneurose


    Les affres de la nuit m’acculent
    L’Aurore est morte au Crépuscule
    D’un sablier n’égrenant que vide
    L’ennui prend corps et âme avide

    En mes veines la nausée abonde
    Je saigne… je saigne sa laideur
    En mon esprit la Nauséabonde
    Je cours… je cours sa fuite

    Pourquoi cette torture ?
    En interne le Règne de la Mort
    Son ordre d’investiture.
    Pourquoi cette cassure ?
    En externe rien ne l’abhorre
    Son ordre de censure.

    Mon sang coagule inodore
    Bouillonne de secrets carnivores
    L’esthésie se pétrifie en corps
    L’aneurose des sens me dévore

    Je sens la déraison m’engloutir
    L’ombre d’une onde mère rode
    Le glas de son pas sourd m’érode
    L’asphyxie tue l’ultime soupir

    Pourquoi cette cloison ?
    En interne le siège de la Mort
    Son ordre d’éclosion.
    Dis-moi, faut-il une raison ?
    En externe l’appel de la Vie
    J’ordonne sa pendaison.





    Les catacombes




    Les catacombes

    Lorsque mon hypogée il creuse…
    N’est-ce pas là mon illusion ?

    ***
    Sur le chemin de l’hécatombe
    L’étrange façonne ma vision
    J’entends un appel d’outre-tombe
    Les Douze tonnent ma réclusion

    L’alarme est sourde à l’intrusion
    Le cercueil se fend sous les bombes
    Le Zombie loue notre fusion
    Quand mon squelette à ses pieds tombe

    L’Ancien est un mort-né sans tombe
    Le Sans-deuil en est la cloison
    S’épanche le sang de la colombe
    Le donjon vomit le poison

    Et le poids de l’extrême-onction
    La verrière de mes os succombe
    Le Dormeur se met en action
    L’autre geint sous les catacombes

    ***
    Car lorsque son hypogée je creuse
    N’est-ce pas là son implosion ?



    Entre chien et loup





    Entre chien et loup

    Le présent s’assombrit l’éclipse cloue l’heure
    Hier emprisonne tous les sens de sa terreur
    Prélude originel mon deuil ma Tour hurlante
    L’entité du Mort m’inflige une trouée cinglante

    L’Ancêtre se tapit au creux du noir dédale
    Il s’impose effrayant au Monstre-baldaquin
    Se ceint au doux satin ce puits inerte et sale
    En ses bras gît l’informe le vestale mannequin

    Tout de blanc enclavé le terrassant vampire
    A l’affût affûte ses crocs de vieux satyre
    Satyre qui s’effondre au morne point du jour
    Néanmoins entre chien et loup… Il fait séjour

    Je consens une valse au grand Croque-mitaine
    Au blizzard qui vomit mon gluant ennemi
    A la Veuve arachnéenne en sa toile-momie
    Pour un temps oublier leurs morsures hautaines

    Mais je sais de l’aurore la source la plus noire
    De la rivière du Désespoir les faux espoirs
    Je sais le cœur gelé au revers d’un carreau
    Qui vous laisse là groggy de la vie in vitro

    Et ce garrot à ma trousse de secours frivole
    Me vole en éclat et la frousse est bénévole
    De l’antichambre où repose le corps du Dormeur
    Sous le verre ses os se contorsionnent… puis meurent.