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    Noli-me-tangere

         
     
     Noli me tangere



    Le jour se disloque

    Pour un pas de trop



    Une omerta... insectueuse

    Une toute petite mort(e)

    Son faciès en distorsion

    Mes larmes de soufre



    ***



    Par un beau jour d’été

    L’hiver… L’amaurose



    Dans le creux d’airain

    Une douleur soyeuse

    Dans l’ombre du soleil

    Une tactile laideur



    Confusion de l’être

    La Mort en perfusion

    Plus rien ne m’atteint

    Mais toute chose me blesse



    La maison se noie

    L’irréel m’emporte

    L’Infestueux amour

    Idolâtre mon crâne



    ***



    Quand la nuit élève

    Son bastion de chair

    Que le Colosse informe

    Se délecte de mon âme



    J’ai la peur au cœur…

    Et le mâle au ventre 

     

    Noli me tangere

     

     

      

    Faussaire

     
     
     
    Faussaire 

    J’appréhende les matins éclatants qui sertissent les yeux de faux semblant.  

    Au diable les « joyeux » mécontents. Je veux des matins sans décorum. Délivrant la mélancolie d’une profonde métamorphose. Des paupières rougissantes. Sans barreaux. 

    Je veux des cieux empourprés de mon âme close.  

    Elle se ferait oiseau. Libre et tonnante de mille mots endoloris. Sous la voûte, virevoltante, je jouerais Ma symphonie. Une suite d’accord morose que seuls les anges décrypteraient. J’enverrai valser les frontières aux regards foudroyants leurs rengaines, cette morne comptine… qui me lance… lance… lancinante :

    « Mets ton masque petite fille
    Ton visage frôle l’indécence
    Mets ton masque petite fille
    Ta tristesse frise l’impudence
    »


    Et la foudre à mes mains serait mon tisonnier.

    De ces longs combats nocturnes, je veux orchestrer la parade immortelle. Encenser l’éther blêmissant de mes aubes insoumises. Parader l’effroi de trop longues nuits insomniaques. Et dans la violence du déluge m’atomiser. Incendier les péchés dissidents de mes pensées. Hurler la peine qui déchire les parois de ma cage. Mettre le feu au pantin du politiquement correct.

    Je veux un ciel de tempête, heureux de vivre son mal de vivre. Je veux la liberté d’être libre. Libre d’être mourante. Mourante et affamée de vivre. Vivre la tourmente et passer mon chemin.

    Mais toujours cette sentence comme un boomerang :

    "Les poupées cassées jamais ne se réparent
    Les âmes brisées jamais ne se dénudent"

    J’appréhende les beaux jours lumineux où il faut faire semblant et jouer.
    Jouer un rôle qui rassure les mal heureux.

    Je veux des jours sans comédie enjouée.