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    La Veilleuse



    La Veilleuse

    L’eau l’huile et le verre font œuvre de clarté
    Un bienséant prestige en guise de vigile
    Rempart contre l’effroi à l’amorce fragile
    La garde félonne leurrant l’obscurité

    Veilleuse céleste l’absurde est ton autel
    Des Pater des Ave noir chapelet de braise
    Ô splendeur hautaine j’ai la nuit en falaise
    L’oraison pour asile et la peur du mortel

    L’extinction incarne l’épouvante absolue
    Murs noirs et vipérins serpentent dans la brume
    La voûte funeste d’un fil d’argent inhume
    L’Ange arachnophobe de sa gangue velue

    Spectre d’inanité prodige paravent
    Tu veilles les saisons sursois la douce heure
    L’eau l’huile et le verre font œuvre de Seigneur
    Un secours superflu pour crainte du mouvant





    Un seul mot vous manque...



    Un seul mot vous manque…


    Un seul mot vous manque...

    En mon cœur s’est creusé un canyon
    Où l’encre tendre d’un seul mot
    M’est délébile

    Là… ton absence
    En mon triste palais
    Résonne
    Je ne t’écris pas
    Si ce n’est dans un ailleurs
    Intemporel
    Qui ne verdira plus

    Mon rêve est vieux et fou
    De ces rêves dont on sait l’irréel
    Mais j’ai le cœur broyé
    Et la bouche béante
    Du vide de ton absence
    J’aurais tellement voulu…
    Pouvoir t’énoncer
    Ressentir l’émoi de tes courbes si douces
    La volupté de te dire…
    Encore une fois…
    Peut-être deux…
    (Ou toute une vie)
    En un souffle audacieux
    Malhabile
    J’avais tant besoin de toi…

    Mais l’inaudible est mon organe

    Et mon triste palais résonne
    D’un langage abscons
    De toi… maux-douceur
    Tu me contes la mort
    La soustraction du vivant
    L’éloignement est ta voix
    Religieusement atone

    Tu ne sauras jamais

    Là… en mon cœur
    J’ai confectionné un mausolée
    Où le vent martèle ton écho
    Car il est un lieu immobile
    Où seul le cœur nostalgique peut se rendre
    Mais tu puises ta survie
    Au détriment de la vie

    Alors je t’écris en un dernier adieu
    La main hésitante
    Le cœur en deuil

    Maman… Maman… Maman…

    ... et tout est dépeuplé






    L'effleure du Mâle




    L'effleure du Mâle

    J'ai ce goût amoral
    Un démon étrangleur
    Ce goût qui fleure le Mal
    Le mal qui affleure
    Au bord du gouffre oral
    Je vomis le voleur

    Hors des sentiers battus
    Je soudoie les âmes
    Que tombe les vertus
    De leurs masques infâmes
    D'une griffure dévêtue
    Comme je le fus d'un blâme

    En cette nuit
    J'ai le goût du mal
    Un crépuscule
    Aux fleurs apétales
    En pleine nuit
    Le dégoût du Mâle
    M'effleure


    J'ai le goût immoral
    D'un démon persifleur
    Ce goût qui fleure le mal
    Un mâle qui effleure
    Le bord du gouffre moral
    Je vomis le violeur

    Hors des sentiers battus
    Je corromps mon âme
    Que flambe ma vertu
    Mon corps sage d'in-femme
    De sulfure revêtu
    L'homme a tu l'oriflamme

    En pleine nuit
    Je détruis le Mâle
    Un crépuscule
    Sur la peau florale
    En cette nuit
    J'ai le goût du mal
    Qui m'est fleur











    Onirique Nécropole (fragments)



    Onirique Nécropole 

    (Fragments) 

     

    Une noctambule et sibylline Folie 

    Assiège les parois capitonnées de mon crâne 

    De l’étrange fresque Nocturne aboli 

    Le soupir passager qui outre moi se fane 

     

    *

     

    Il y a là l’essence d’une étrange torpeur

    Le miroitement d’une embelli

    Au plus frêle de son éclat

     

    Otant la membrane poussiéreuse de l’ancêtre

    J’endosse l’ébène d’une seconde peau

    La renégate Noire-sœur

    Eprise de son bestial et nébuleux étau

    Hypnotique casus belli

    Je m’estompe… progressivement

     

    Je vois un carnassier sourire s’étendre

    Langoureusement

    A son œil marmoréen

    L’impalpable nuée s’achemine

     

    Il y a cette pâle lueur d’où l’espoir blêmit

    La brume l’enlace et je danse

    L’ossuaire persistant et je pense

    L’incessante dérive

     

    Nôtre immortel Océan

     

    *

     

    J’entends une voix

    Au velours si familier

    Lame du dedans

     

    L’irréelle et la dévastation

    Le Murmure qui me rive le clou

    « Je te remplacerai par une autre

    Pour moi tu es morte! »

     

    Pourtant je pourrai mourir

    En une miette de sa tendresse

    Mais je mourrai (encore)

    De ne pas (savoir) la recevoir

     

    Je sais ma place vacante

    Dans le Grand Livre

    De notre Histoire

    Moins qu’un souvenir

    Dans la chair originelle

     

    Je n’ai plus de visage

     

    *

     

    J’ai un autre cœur !

     

    En retrait de la Création

    Le violon arbitraire de l’absurde

    Tout un désert en crue qui se tord

    Cet arrière goût fantomatique de chute

    Où l’étreinte de l’ivoire m’aspire

     

    Un autre corps !

    (Aussi)

     

    Une première naissance

    Vague relent mémoriel

    Où l’Anémié se gargarise

    A l’impudique douleur

     

    L’encre purgatoire

    D’une Légendaire Nécropole

    Tout un monde vicié

    Dont le mal ceint l’âme

    Corromps l’Être

     

    Il est la mort

    L’asphyxie

    La froide carcasse

    Le sédentaire sidéré

    Mon soleil artificiel

     

    À bout de bras

    J’ai ses phalanges acides

    Sa signature inconsistante

     

    Qui suis-je…

     

    *

     

    Je vois deux mains

    Une projection de l’Inconnu

    La gauche Anonyme

    Adroite de l’étrange

     

    Leur faire don du Vide

    L’immensément creux

    Car je n’ai d’autre offrande

    Pour combler leur faim de mots

     

    Ma souffrance est leur jubilation

    (Mais savent-elles que…)

    Elles naquirent de l’Ecrasement

    De la genèse d’une dichotomie

    Ma non-existence est leur oxygène

    Mais elles n’ont pour toute sève…

     

    Qu’un vieux flash jauni

     

    Impénétrable

     

    Inaccessible

     

    Savent-elles que…

    Je n’ai de vie

    Si ce n’est l’univers esseulé

    Qu’elles esquissent

     

    Je suis le pantin

    Elles sont les fils

     

    Vice et versa

     

     

    *

     

    J’ai un blanc fantôme

    Qui travesti le présent…

     

    Lui l’Indélicat

    Le Revenant

    Moi la Faiblesse

    La Mortevie

     

    Je vois un escalier

    Amorphe

    L’émoi d’un horizon

    Soudoyé

    Je grimpe…je butte…

    J’avance

    Dès lors qu’il se dérobe

    Pourquoi…

    Pourquoi s’affaisse t-il ?

     

    *

     

    Dans la voûte du ciel cristallin

    L’obèse Ennui me paralyse

     

    Il y a cette Marche Nocturne

    En Chaussons Rouge

    D’antiques archives m’y ramènent

    Transe lucide… VERTIGE

     

    *

     

    Pourtant… il y a ce savoir

    Nul horizon…

     

    Non !

     

    Nul horizon ne se découvre dans le passé

     

    Car le cœur de ce chemin est un corps mort

    Du plomb…

    Du plomb en état d’exaltation

     

    Mais toujours cette sombre Folie

    Le mouvement de sa pensée

    Lente et dévorante animation

    La grandeur de son obscénité

    Qui charpente mon âme

     

    Je la fais mienne en de rare fois

    Mais je suis sienne dans l’autrefois

    Sa loi ne souffre aucune objection

    Sa complainte aucun éloignement

    Sa psalmodie ex cathedra

     

    Rejoins-moi…rejoins-moi…

     

    (Maudit l’Excavatrice)

     

    Et de résistante opposition

    Je n’ai qu’un sinistre leurre

    Piètre Sentinelle aux abois

    Par la névrose exsangue

     

    Car en ce Monde je suis

    Et en ce Monde

    Je reste…

     

    L’Etrangère

     

    *

     

    Il y a tant d’aller et retour…

     

    Combien de temps encore…

    Avant que j’aille sans mon retour ?





    Au silence des fées

         
     
     
    Au silence des fées

    Puisque vous m’avez faite
    Putain et bonne à rien
    Tel un jour sans fenêtre
    Au reflet du Vaurien

    Puisque j’ai la défaite
    De n’être à votre goût
    Que les repas de fête
    Sont hors-d’œuvre d’égout

    Puisque dans l’Antre Dragon
    Mon vieux cœur s’ensommeille
    Que sa peur du second
    Est ma stèle vermeille

    Puisque mon corps remue
    Au rythme d’un couteau
    Que la plaie en moi mue
    L’absence en lourd manteau

    Puisque le vide est là
    Au creuset de mes mains
    Je n’aurai d’autre choix
    Bannir vos lents « Demain ! »

    Puisque le mal est fait
    Je vous survivrai… Mère
    Au silence des fées
    Mon berceau vous enterre

     

     

    Mutisme (le corps des faits)

     
     
     
    Mutisme (Le corps des faits)

    Lourd

    Mon corps est lourd
    Il a oublié
    Il s’est effacé

    Faignant le trépas
    Au regard d’un lit
    Dans de beaux draps de lin...
    Seul
    Papier-émeri

    A l’envers

    Pendu

    Mon cœur s’est pendu
    Il n’a pas su
    Il n’a pas vu

    N’a pas voulu

    Ce vide en absence
    En dessous de verre
    La pierre… à perte de vue
    Ce goût amer… la terre

    L’antre où il se taire

    Liées

    Mes mains sont liées
    Elles ont fleuri
    Elles ont fané

    Au secret d’un jardin

    Mouvoir l’infertile
    Les ailes orphelines
    D’un corps défait

    Perdue

    Une petite fille s’est perdue
    Ce matin là… c’était l’été

    Éperdue
    Elle se balance
    Intérieur
    Sur l’arrête des mots

    Fendue

    Sa bouche s’est fendue
    D’un palais de glace
    Un cloue sur le bec
    Édicte sa loi… Réticence

    Suspendue

    Elle est suspendue
    A l’orée du monde
    Pendue à vos fils

    A vos mots décousus
     
     
     

    Je ne t'aime pas

     
     
     
    Je ne t’aime pas

    Non ! Je ne t’aime pas…

    Souviens-toi…
    J’ai aimé mon père
    Un vampire en mon cimetière

    Penses-y…
    J’ai aimé ma mère
    La Clouée, mon fade Cerbère

    Non ! Je ne t’aime pas…

    Nul concept poussiéreux
    Nulle corde au coût vertigineux

    Vois l’issue…
    Je n’ai plus de père
    Me reste un vestige, une poussière

    Vois mon mal…
    Je n’ai plus de mère
    Restent les plaies, la meurtrière

    Non ! Je ne t’aime pas…

    Nul concept poussiéreux
    Nulle corde au coût vertigineux

    Penses-y…
    En un mot un nom
    L’on crée l’oiseau et la volière

    Souviens-toi…
    En mes maux mon nom
    Le Sceau de la Mort est lumière

    Non ! Je ne t’aime pas…

    Nul concept poussiéreux
    Nulle corde au coût vertigineux

    Vois plus loin…
    Au-dedans, l’émotion m’est fleur
    Nul vocable ne peut l’éclore

    Chut regarde…
    J’ai ouvert la cage aux « Je t’aime »
    Délivrant les nénies de leur anathème

    Non ! Je ne t’aime pas…

    Nul concept poussiéreux
    Nulle corde au coût vertigineux

    Chut... écoutons…
    Et Léguons au silence l’égard
    De nous (dé)couvrir sans fard
     
     
     
     

    Fracturer le temps

     
     
     
       
    Fracturer le temps

    Je décrois mais…
    Vous croire
    Vous rêver encore…
    Différemment

    Autrement

    Fracturer le temps
    L’organique
    Saigner l’effraction
    L’immuable
    Suggérer l’évasion
    Une trêve

    Faire que l’Éteint scelle
    Mon précieux compte de fait

    Alors je volerai…

    Je veux des ailes
    Entières
    Des ailes de phoenix
    Une lézarde magique
    Une frontière sur l’autre monde

    Sur Le monde

    Je suis la toile de vos silences
    Le peintre de vos non-dits
    J’esquisse mon cœur… là
    A la pointe de vos orteils
    Et je me cogne
    Et je m’attache
    A vos semelles méprisantes
    Et je vous déteste…
    De m’aimer

    Mais… puisque le conte est fait
    Puisque l’on meurt d’amour
    Je forgerai ma fraction
    Un zeste de sublime

    Encore une éternité
    Avant que…
    J’éviscère l’oriflamme

    M’en voulez-vous…
    De vous occire ?
    M’en voulez-vous…
    De n’être plus ?
    Qu’un fétu de faille
    Ou peut-être est-ce moi
    Qui vous aime… de me détester

    J’ai des souvenirs qui se percutent
    A l’angle passif de vos vices
    J’ai des souvenirs qui entaillent
    Les secondes trop lisses
    L’or ne peut-il être…
    Qu’éphémère ?

    Mes entrailles palpitent
    En flashes brisés
    Monochrome

    Sans trêve je vous vire
    Sans cesse je vous revis

    Vous êtes mon abîme
    Mon amarre
    Le pic de mes sanglots
    L’amarante mer
    Le port et l’arrière-garde
    Le vaisseau fantôme
    Où je suffoque

    Pourquoi ce ventre
    Abysse sale
    Pourquoi cette identité
    Fragile osselet
    Qui forge mon absence
    Qui force mon errance
    Je suis là sans l’être

    Seul l’acte donne naissance

    Je ne sais… que mourir
    Je ne veux… que vivre
    Mais je ne peux me défaire
    De ce sang… là… partout…

    Du miellat sur mon corps

    Mon Innocente éperdue
    Mon Esclave malfaisante
    Je me lacère de ta folie
    Meurtrière ou complice

    Dans quelle contrée sauvage
    S’égare le savoir…

    Ô ma douce
    Ma mélancolique fêlure
    L’impur est nôtre écrin
    Et nous stagnons…
    Dans l’hémoglobine… aimée
    Suppliciées de l’invisible

    D’où l’heure en faction

    Je vous vois mais…
    La voir autrement
    Me rêver encore…
    Différente

    Car l’autre ment !

    Fracturer le temps
    L’organique
    Créer l’effraction
    Que l’étincelle vacillante
    Soit l’Impérieuse
    En mon ambitieux …
    En mon fêlé conte de fée

    J’ai au fond du cœur
    La certitude
    D’un Jour Naissant…

    Car je sais un rêve… une mort…
    Un ailleurs… une faim…

    Et je sais que…
    Je meurs de cette faim

    Alors…
    Ce jour là

    Je me tapirai sur vos tombes
    Puis… me vomissant
    Je bannirai vos ombres

           

    Tranche ma peau

     
     
     
     
    Tranche ma peau

    Tranche ma peau d’ange
    Soumis
    Tes dix aiguilles fétides
    Mes petites phalanges cinabre

    Tranche ma peau
    Le vif désarroi
    Et l’enfant-roi
    Dénaturé

    Ma mort n’aura d’odeur
    Si ce n’est le parfum du silence

    Tranche ma peau
    Paillasson de ta voracité
    Gerbe en mes nuits
    J’ai le cœur si haut

    Tranche ma peau d’ange
    Conquis
    Tes corbeaux d’acier
    Dilacèrent mon ciel
    Le crime in elle
    Harcèlent ma chair

    L’amour m’est une larme
    L’arme du Croque-mitaine

    Tranche ma peau
    De mes pieds croupis
    A mon corps décharné
    L’ichor de tes ancêtres
    Me flagelle

    Tranche… tranche
    Fais-moi la peau
    Tranche... tranche
    Monstre de l’ombre

    Ton spectre est ma morsure
    Mon absence sera ta mort sûre

    Tranche ma peau d’ange
    Soumis
    Tes dix aiguilles se fanent
    Mes petites phalanges s’éveillent

    Dis-moi… vois-tu l’interrupteur ?

     

     

    L'offense

     

       

    L’offense

     

    Car l’offense qui t’est faite par le faux

    Ne saurait être parfaite

    Si au faîte de la Fête du Tout-puissant

    Tu fâches la Bête

    En lâchant la Faute.  

     

     

     

     

     

     



    Noli-me-tangere

         
     
     Noli me tangere



    Le jour se disloque

    Pour un pas de trop



    Une omerta... insectueuse

    Une toute petite mort(e)

    Son faciès en distorsion

    Mes larmes de soufre



    ***



    Par un beau jour d’été

    L’hiver… L’amaurose



    Dans le creux d’airain

    Une douleur soyeuse

    Dans l’ombre du soleil

    Une tactile laideur



    Confusion de l’être

    La Mort en perfusion

    Plus rien ne m’atteint

    Mais toute chose me blesse



    La maison se noie

    L’irréel m’emporte

    L’Infestueux amour

    Idolâtre mon crâne



    ***



    Quand la nuit élève

    Son bastion de chair

    Que le Colosse informe

    Se délecte de mon âme



    J’ai la peur au cœur…

    Et le mâle au ventre 

     

    Noli me tangere

     

     

      

    Faussaire

     
     
     
    Faussaire 

    J’appréhende les matins éclatants qui sertissent les yeux de faux semblant.  

    Au diable les « joyeux » mécontents. Je veux des matins sans décorum. Délivrant la mélancolie d’une profonde métamorphose. Des paupières rougissantes. Sans barreaux. 

    Je veux des cieux empourprés de mon âme close.  

    Elle se ferait oiseau. Libre et tonnante de mille mots endoloris. Sous la voûte, virevoltante, je jouerais Ma symphonie. Une suite d’accord morose que seuls les anges décrypteraient. J’enverrai valser les frontières aux regards foudroyants leurs rengaines, cette morne comptine… qui me lance… lance… lancinante :

    « Mets ton masque petite fille
    Ton visage frôle l’indécence
    Mets ton masque petite fille
    Ta tristesse frise l’impudence
    »


    Et la foudre à mes mains serait mon tisonnier.

    De ces longs combats nocturnes, je veux orchestrer la parade immortelle. Encenser l’éther blêmissant de mes aubes insoumises. Parader l’effroi de trop longues nuits insomniaques. Et dans la violence du déluge m’atomiser. Incendier les péchés dissidents de mes pensées. Hurler la peine qui déchire les parois de ma cage. Mettre le feu au pantin du politiquement correct.

    Je veux un ciel de tempête, heureux de vivre son mal de vivre. Je veux la liberté d’être libre. Libre d’être mourante. Mourante et affamée de vivre. Vivre la tourmente et passer mon chemin.

    Mais toujours cette sentence comme un boomerang :

    "Les poupées cassées jamais ne se réparent
    Les âmes brisées jamais ne se dénudent"

    J’appréhende les beaux jours lumineux où il faut faire semblant et jouer.
    Jouer un rôle qui rassure les mal heureux.

    Je veux des jours sans comédie enjouée.

     

    Le mouvement de l'ombre

     
     
     
    Le mouvement de l'ombre 


    Dans le mouvement de l’ombre, où l’antique linceul s’est posé, des lambeaux de chair se tordent.   


    La Lumière. 

    Elle se fraye un chemin, enchaîne aux confins de l’invisible. De l’impalpable.
    Elle est masque complaisant. Reine du mensonge, elle flatte le crime.
    La monstruosité vit dans sa gloire.

    J’ai longtemps cru que les monstres ne se dévoilaient qu'a la nuit tombée.
    Ombres chinoises paradant sur les murs de la mort. Mais la lumière est maîtresse du mal. La complice idéal.

    Alors… que faire quand l’horreur se pare du plus bel éclat.

    D’offrande mielleuse en caresse épineuse, la belle outrageuse me fit la cour avec empressement.

    Je pris sa gerbe de sang avarié.
    Son bouquet d’ecchymoses sulfuriques.

    J’empruntai le passage qu’elle ouvrait vers l’autre monde. Là où le silence hurle sa douleur.

    C’est ainsi que je revêtis la solitude. Comme l’on revêt la camisole. De force.
    De cette force supérieure qui vous défigure, vous éviscère et vous crashe contre des parois de barbelés.
    De cette force délétère qu’est l’amour.

    Voilà…j’ai décapité la lumière. J’ai pris son crâne, délicatement. Et dans un recoin de mon âme, je lui confectionnai un piédestal, bancal.
    Et ma chute vers le ciel n’en fut que plus instable.

    Car si la lumière me rêve.
    L’ombre, à son insu, me vit.


    Dans le mouvement de l’ombre, où geignent les cris de l’Innocence, des lambeaux d’âme s’entre-dévorent.
     
     
     

    Rendez-moi...

    Rendez-moi…

     

    La mort ! Tel était votre souhait

     

    Et l’au-delà a pris son âme

    Et mon âme s’est éprise de son au-delà

     

    Blanche gamine faite d’ombre

     

    L’amour lui est un dégoût

    Dont le mal ceint mon corps

    Désormais elle s’écrie

    A la pointe de mon cœur

     

    Des jours et des jours…

     

    Des jours en manque de jour

    Des jours au réveil criard

    Des jours labyrinthiques

     

    Des jours et des jours… Morts !

     

    Où êtes vous… Où êtes vous…

    L’immense cité me broie

     

    Ô source… Ô créateur…

    Vous qui êtes odieux

    Délivrez-moi… Délivrez-moi…

    Mon souffle n’a plus de cœur

     

    Je vous gomme de ma penne

     

    Mais…

     

    Dans l’inaccessible crypte du silence

    J’entends la Vie qui marche sur ma tombe

     

    Je viens vers vous genoux affaiblis

    (L’espoir au fond d’une poche trouée)

    Et j’implore la fin de votre non-recevoir

     

    Ô source… Ô créateur

    Vous qui êtes odieux

    Rendez-moi… Rendez-moi…

    Les battements de mon cœur

     

     

     


    Line

     
     
     
    Line...

    Line née d’une union malheureuse…

    Line aux sens meurtris se démène
    L’aiguillon du mal broie l’hymen
    L’époux vante son vénéneux allant
    (Mais… aux menées soyons vigilant !)

    Line accès cible phénomène
    Au bois le mâle veillant y mène

    Line ondée de mélancolie s’égoutte
    Anhydre coeur que l’utopie envoûte 
    L’amour se came isole hurle ment
    (Croire Hérésie n’est que pare à vent !)

    Line accomplie châtiment…

    Line au sang froid prend la pose
    D’un soleil bleuissant d’ecchymoses
    Elle s’invisible sous un éclat de granit
    S’éprend de la grisaille qui gravite

    Line nommée « Catin » par Jalousie
    Pris un fusil et plongea en amnésie

    Line occupée par son deuil se bat taille
    D’immortels oripeaux de faille
    Line assouvie peau-fine vengeance
    Et de son bastion taraude son engeance

    Line née d’une union mal heureuse…
     
     
     
     

    Dans la fleur de l'âme

     

     

    Dans la fleur de l’âme

     
    J’ai la mort des corps fauchés dans la fleur de l’âme
    La tristesse des cœurs qui dans l’oubli se pâment 
    L’aisance du défunt dénué d’ossature
    J’ai deux tombeaux ouverts qui violent le futur  
     
    Sous l’Arbre aux Silence gisent les bruits d’antan
    Un trépas de feuilles la nervure du temps 
    Un sarcophage cendreux de sève et d’écorce
    Sous le lit automnal le mal bombe le torse
     
    J’ai en revers de peau le sceau du Soleil Noir
    Des mots sans voies qui errent en mon vieux Manoir
    L’ombre d’un non-être dont l’éclat se gondole
    J’ai à l’envers du Je un Moi qui dégringole  

     

     

    Eux...

     

     

    Eux…
     
    Ne voir qu’Eux…
     
     Au faîte, l’abstrait, tout puissant.
    Le déluge au corps, oppressant.
    Il y a ce cœur en déveine,
    L’acide bleuit de mes veines.
    Leur beau carcan d’acier poli,
    Le temps peinant s’ancre en folie.
     
    Déchéance…
     
    Aseptique poupée glacière.
    Décorum sur un toit poussière.
    Il l’a dit « Sois belle et tais toi »
    (Mais… je parle déjà sous toit).
    « La belle boit et s’endort ». Vieille.
    Mais elle rêve... (Ô mon Réveil).
     
    Profane…
     
    L’orangée, les fleurs témoins suintent,
    Sur la cloison gronde la plainte.
    Au loin, le séisme de leurs voix,.
    Je suis hâve, cloue de guingois.
    Sous le lé, figure enfantine,
    L’échine du reflet s’échine.
     
    Puissance…
     
    L’idiome interne est chapiteau.
    Apre, la Marche des Marteaux
    S’acharne sur la pointe, frêle.
    Le néant. Partout. La nuit grêle.
    Le Monstre attend, placide, l’heure
    Du péril, la morne candeur.
     
    Force…
     
    Eux… Eux qui n’ont vu le Réveil.
    La fonte de l’acier vermeil
    Le soudain hurlement des pores.
    Le monochrome météore.
    Le Château où siège mes sens
    (En secret, j’en garde l’essence).
     
    Ne voir qu'Eux...
     
    Ma tristesse cyclopéenne,
    Leur chapelle marmoréenne.
    Et a l’aube, la mutation,
    L’accord naissant de l’ascension ;
    Ce crépuscule nucléaire
    Délitant le tombeau de fer.
     
    ***
     
    Eux… Les Autres…
    Ma divergence…
     
    Et un jour… Plus rien…
    Rien que… Lui…
     
    Lui et Moi…  
     Moi et le Vide…
     
     

     

    La Menace

     
     
     
     
    La Menace

    Le crépuscule s’épand…
    Le sinistré vaincu s’alite
    Aux abois du bois dormant
    L’inconscient s’agite
    Sous sa couette il dévisage
    A l’ombre de la ruelle
    Guettant sa proie
    Un revolver sans visage
    Qui le poursuit
    Inexorablement
    Et lui… et moi… et nous…
    ( Peut-être vous ? )
    Nous courons…
    A reculons… mais nous courons…
    Sans cesse… nous courons…
    A jamais immobiles

    Seuls en notre égorgeoir
    Nous cherchons un bougeoir

    Relent de jadis
    Une sinistre vague
    Immuable ressac d’épouvante
    Nous enserre de toute part
    Nous immerge
    A pas de loup insaisissable
    Elle nous plonge nous submerge
    De son aquarelle sans couleur
    La Mort est là !
    Gourmande de la moindre pâleur
    Soudain l’effroi…

    Seuls en notre parloir
    Nous cherchons un couloir

    Une sarabande...
    Des imprécations...
    Cette douleur en mon crâne
    Ce corps fantôme qui divague
    Gisent en son sein les pieux
    Les belles promesses des scandaleux
    Ces belles promesses de bonheur
    Qui ne sont que…
    Dépouilles de mots par défaut
    ( à défaut de )

    Des maux pirates vociférant
    Sous leurs allures de faux…
    Des mots pirates s’affairant
    Sous leurs allures de faux…

    Seuls en notre dortoir
    Nous agonisons sur les trottoirs

    Seuls en notre tour d’ivoire
    Nous suffoquons sans La voir…
     
     
     
     

    L'Au-delà

     
     
     
    L'au-delà


    Alentour, personne ne voit,
    Dans sa tour, ton cœur a si froid.
    A l’évidence, ne pas se fier
    Aux apparences falsifiées.
    Sous le masque tant de trésors,
    Captifs muets, ils crient si fort.

    Pareil au vent, vif et tranchant
    Tu te dérobes à tes penchants.
    Pourtant, si la solitude
    Se rappelle à ton altitude
    Tu te désespères, tu t’entailles,
    T’infliges cruelle bataille.

    Je vois l’errance craintive
    Une toile en ruine, fautive.
    Je vois aussi cette lumière noire,
    Un refuge, un répit provisoire.
    Exeat les sombres chemins insanes,
    Crois au doux présage en filigrane.

    Des cirrhes de ton cœur farouche
    Je ne veux plus être la souche.
    Empresses-toi, cours belle enfant
    L’étincelle agonise, elle se fend.
    Mais si la boue, la lave t’enserrent
    Alors mon tombeau sera cheire.
     
     
     
     

    La chair

     
     
    La chair

    La chair s’effarouche
    Du jade exhortant
    Le précipice farouche
    Edit de l’exécutant

    La chair s’ecchymose
    De phalanges gluantes
    Leurs caresses nécrosent
    Le désir de la Mante 

    La chair se répugne
    D’œuvres malfaisantes
    L’obscène l’empoigne
    De sa poigne méprisante

    La chair se cloisonne
    De non-sens spectral
    La chair se façonne
    D’archives ancestrales

    La chair-voix vocifère
    Mielleuse et sanguinolente
    La missive mortifère
    D’une Peau d’âme dolente