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    Tranche ma peau

     
     
     
     
    Tranche ma peau

    Tranche ma peau d’ange
    Soumis
    Tes dix aiguilles fétides
    Mes petites phalanges cinabre

    Tranche ma peau
    Le vif désarroi
    Et l’enfant-roi
    Dénaturé

    Ma mort n’aura d’odeur
    Si ce n’est le parfum du silence

    Tranche ma peau
    Paillasson de ta voracité
    Gerbe en mes nuits
    J’ai le cœur si haut

    Tranche ma peau d’ange
    Conquis
    Tes corbeaux d’acier
    Dilacèrent mon ciel
    Le crime in elle
    Harcèlent ma chair

    L’amour m’est une larme
    L’arme du Croque-mitaine

    Tranche ma peau
    De mes pieds croupis
    A mon corps décharné
    L’ichor de tes ancêtres
    Me flagelle

    Tranche… tranche
    Fais-moi la peau
    Tranche... tranche
    Monstre de l’ombre

    Ton spectre est ma morsure
    Mon absence sera ta mort sûre

    Tranche ma peau d’ange
    Soumis
    Tes dix aiguilles se fanent
    Mes petites phalanges s’éveillent

    Dis-moi… vois-tu l’interrupteur ?

     

     

    L'offense

     

       

    L’offense

     

    Car l’offense qui t’est faite par le faux

    Ne saurait être parfaite

    Si au faîte de la Fête du Tout-puissant

    Tu fâches la Bête

    En lâchant la Faute.  

     

     

     

     

     

     



    Noli-me-tangere

         
     
     Noli me tangere



    Le jour se disloque

    Pour un pas de trop



    Une omerta... insectueuse

    Une toute petite mort(e)

    Son faciès en distorsion

    Mes larmes de soufre



    ***



    Par un beau jour d’été

    L’hiver… L’amaurose



    Dans le creux d’airain

    Une douleur soyeuse

    Dans l’ombre du soleil

    Une tactile laideur



    Confusion de l’être

    La Mort en perfusion

    Plus rien ne m’atteint

    Mais toute chose me blesse



    La maison se noie

    L’irréel m’emporte

    L’Infestueux amour

    Idolâtre mon crâne



    ***



    Quand la nuit élève

    Son bastion de chair

    Que le Colosse informe

    Se délecte de mon âme



    J’ai la peur au cœur…

    Et le mâle au ventre 

     

    Noli me tangere

     

     

      

    Faussaire

     
     
     
    Faussaire 

    J’appréhende les matins éclatants qui sertissent les yeux de faux semblant.  

    Au diable les « joyeux » mécontents. Je veux des matins sans décorum. Délivrant la mélancolie d’une profonde métamorphose. Des paupières rougissantes. Sans barreaux. 

    Je veux des cieux empourprés de mon âme close.  

    Elle se ferait oiseau. Libre et tonnante de mille mots endoloris. Sous la voûte, virevoltante, je jouerais Ma symphonie. Une suite d’accord morose que seuls les anges décrypteraient. J’enverrai valser les frontières aux regards foudroyants leurs rengaines, cette morne comptine… qui me lance… lance… lancinante :

    « Mets ton masque petite fille
    Ton visage frôle l’indécence
    Mets ton masque petite fille
    Ta tristesse frise l’impudence
    »


    Et la foudre à mes mains serait mon tisonnier.

    De ces longs combats nocturnes, je veux orchestrer la parade immortelle. Encenser l’éther blêmissant de mes aubes insoumises. Parader l’effroi de trop longues nuits insomniaques. Et dans la violence du déluge m’atomiser. Incendier les péchés dissidents de mes pensées. Hurler la peine qui déchire les parois de ma cage. Mettre le feu au pantin du politiquement correct.

    Je veux un ciel de tempête, heureux de vivre son mal de vivre. Je veux la liberté d’être libre. Libre d’être mourante. Mourante et affamée de vivre. Vivre la tourmente et passer mon chemin.

    Mais toujours cette sentence comme un boomerang :

    "Les poupées cassées jamais ne se réparent
    Les âmes brisées jamais ne se dénudent"

    J’appréhende les beaux jours lumineux où il faut faire semblant et jouer.
    Jouer un rôle qui rassure les mal heureux.

    Je veux des jours sans comédie enjouée.

     

    Le mouvement de l'ombre

     
     
     
    Le mouvement de l'ombre 


    Dans le mouvement de l’ombre, où l’antique linceul s’est posé, des lambeaux de chair se tordent.   


    La Lumière. 

    Elle se fraye un chemin, enchaîne aux confins de l’invisible. De l’impalpable.
    Elle est masque complaisant. Reine du mensonge, elle flatte le crime.
    La monstruosité vit dans sa gloire.

    J’ai longtemps cru que les monstres ne se dévoilaient qu'a la nuit tombée.
    Ombres chinoises paradant sur les murs de la mort. Mais la lumière est maîtresse du mal. La complice idéal.

    Alors… que faire quand l’horreur se pare du plus bel éclat.

    D’offrande mielleuse en caresse épineuse, la belle outrageuse me fit la cour avec empressement.

    Je pris sa gerbe de sang avarié.
    Son bouquet d’ecchymoses sulfuriques.

    J’empruntai le passage qu’elle ouvrait vers l’autre monde. Là où le silence hurle sa douleur.

    C’est ainsi que je revêtis la solitude. Comme l’on revêt la camisole. De force.
    De cette force supérieure qui vous défigure, vous éviscère et vous crashe contre des parois de barbelés.
    De cette force délétère qu’est l’amour.

    Voilà…j’ai décapité la lumière. J’ai pris son crâne, délicatement. Et dans un recoin de mon âme, je lui confectionnai un piédestal, bancal.
    Et ma chute vers le ciel n’en fut que plus instable.

    Car si la lumière me rêve.
    L’ombre, à son insu, me vit.


    Dans le mouvement de l’ombre, où geignent les cris de l’Innocence, des lambeaux d’âme s’entre-dévorent.
     
     
     

    Rendez-moi...

    Rendez-moi…

     

    La mort ! Tel était votre souhait

     

    Et l’au-delà a pris son âme

    Et mon âme s’est éprise de son au-delà

     

    Blanche gamine faite d’ombre

     

    L’amour lui est un dégoût

    Dont le mal ceint mon corps

    Désormais elle s’écrie

    A la pointe de mon cœur

     

    Des jours et des jours…

     

    Des jours en manque de jour

    Des jours au réveil criard

    Des jours labyrinthiques

     

    Des jours et des jours… Morts !

     

    Où êtes vous… Où êtes vous…

    L’immense cité me broie

     

    Ô source… Ô créateur…

    Vous qui êtes odieux

    Délivrez-moi… Délivrez-moi…

    Mon souffle n’a plus de cœur

     

    Je vous gomme de ma penne

     

    Mais…

     

    Dans l’inaccessible crypte du silence

    J’entends la Vie qui marche sur ma tombe

     

    Je viens vers vous genoux affaiblis

    (L’espoir au fond d’une poche trouée)

    Et j’implore la fin de votre non-recevoir

     

    Ô source… Ô créateur

    Vous qui êtes odieux

    Rendez-moi… Rendez-moi…

    Les battements de mon cœur

     

     

     


    Line

     
     
     
    Line...

    Line née d’une union malheureuse…

    Line aux sens meurtris se démène
    L’aiguillon du mal broie l’hymen
    L’époux vante son vénéneux allant
    (Mais… aux menées soyons vigilant !)

    Line accès cible phénomène
    Au bois le mâle veillant y mène

    Line ondée de mélancolie s’égoutte
    Anhydre coeur que l’utopie envoûte 
    L’amour se came isole hurle ment
    (Croire Hérésie n’est que pare à vent !)

    Line accomplie châtiment…

    Line au sang froid prend la pose
    D’un soleil bleuissant d’ecchymoses
    Elle s’invisible sous un éclat de granit
    S’éprend de la grisaille qui gravite

    Line nommée « Catin » par Jalousie
    Pris un fusil et plongea en amnésie

    Line occupée par son deuil se bat taille
    D’immortels oripeaux de faille
    Line assouvie peau-fine vengeance
    Et de son bastion taraude son engeance

    Line née d’une union mal heureuse…
     
     
     
     

    Dans la fleur de l'âme

     

     

    Dans la fleur de l’âme

     
    J’ai la mort des corps fauchés dans la fleur de l’âme
    La tristesse des cœurs qui dans l’oubli se pâment 
    L’aisance du défunt dénué d’ossature
    J’ai deux tombeaux ouverts qui violent le futur  
     
    Sous l’Arbre aux Silence gisent les bruits d’antan
    Un trépas de feuilles la nervure du temps 
    Un sarcophage cendreux de sève et d’écorce
    Sous le lit automnal le mal bombe le torse
     
    J’ai en revers de peau le sceau du Soleil Noir
    Des mots sans voies qui errent en mon vieux Manoir
    L’ombre d’un non-être dont l’éclat se gondole
    J’ai à l’envers du Je un Moi qui dégringole  

     

     

    Eux...

     

     

    Eux…
     
    Ne voir qu’Eux…
     
     Au faîte, l’abstrait, tout puissant.
    Le déluge au corps, oppressant.
    Il y a ce cœur en déveine,
    L’acide bleuit de mes veines.
    Leur beau carcan d’acier poli,
    Le temps peinant s’ancre en folie.
     
    Déchéance…
     
    Aseptique poupée glacière.
    Décorum sur un toit poussière.
    Il l’a dit « Sois belle et tais toi »
    (Mais… je parle déjà sous toit).
    « La belle boit et s’endort ». Vieille.
    Mais elle rêve... (Ô mon Réveil).
     
    Profane…
     
    L’orangée, les fleurs témoins suintent,
    Sur la cloison gronde la plainte.
    Au loin, le séisme de leurs voix,.
    Je suis hâve, cloue de guingois.
    Sous le lé, figure enfantine,
    L’échine du reflet s’échine.
     
    Puissance…
     
    L’idiome interne est chapiteau.
    Apre, la Marche des Marteaux
    S’acharne sur la pointe, frêle.
    Le néant. Partout. La nuit grêle.
    Le Monstre attend, placide, l’heure
    Du péril, la morne candeur.
     
    Force…
     
    Eux… Eux qui n’ont vu le Réveil.
    La fonte de l’acier vermeil
    Le soudain hurlement des pores.
    Le monochrome météore.
    Le Château où siège mes sens
    (En secret, j’en garde l’essence).
     
    Ne voir qu'Eux...
     
    Ma tristesse cyclopéenne,
    Leur chapelle marmoréenne.
    Et a l’aube, la mutation,
    L’accord naissant de l’ascension ;
    Ce crépuscule nucléaire
    Délitant le tombeau de fer.
     
    ***
     
    Eux… Les Autres…
    Ma divergence…
     
    Et un jour… Plus rien…
    Rien que… Lui…
     
    Lui et Moi…  
     Moi et le Vide…
     
     

     

    La Menace

     
     
     
     
    La Menace

    Le crépuscule s’épand…
    Le sinistré vaincu s’alite
    Aux abois du bois dormant
    L’inconscient s’agite
    Sous sa couette il dévisage
    A l’ombre de la ruelle
    Guettant sa proie
    Un revolver sans visage
    Qui le poursuit
    Inexorablement
    Et lui… et moi… et nous…
    ( Peut-être vous ? )
    Nous courons…
    A reculons… mais nous courons…
    Sans cesse… nous courons…
    A jamais immobiles

    Seuls en notre égorgeoir
    Nous cherchons un bougeoir

    Relent de jadis
    Une sinistre vague
    Immuable ressac d’épouvante
    Nous enserre de toute part
    Nous immerge
    A pas de loup insaisissable
    Elle nous plonge nous submerge
    De son aquarelle sans couleur
    La Mort est là !
    Gourmande de la moindre pâleur
    Soudain l’effroi…

    Seuls en notre parloir
    Nous cherchons un couloir

    Une sarabande...
    Des imprécations...
    Cette douleur en mon crâne
    Ce corps fantôme qui divague
    Gisent en son sein les pieux
    Les belles promesses des scandaleux
    Ces belles promesses de bonheur
    Qui ne sont que…
    Dépouilles de mots par défaut
    ( à défaut de )

    Des maux pirates vociférant
    Sous leurs allures de faux…
    Des mots pirates s’affairant
    Sous leurs allures de faux…

    Seuls en notre dortoir
    Nous agonisons sur les trottoirs

    Seuls en notre tour d’ivoire
    Nous suffoquons sans La voir…
     
     
     
     

    L'Au-delà

     
     
     
    L'au-delà


    Alentour, personne ne voit,
    Dans sa tour, ton cœur a si froid.
    A l’évidence, ne pas se fier
    Aux apparences falsifiées.
    Sous le masque tant de trésors,
    Captifs muets, ils crient si fort.

    Pareil au vent, vif et tranchant
    Tu te dérobes à tes penchants.
    Pourtant, si la solitude
    Se rappelle à ton altitude
    Tu te désespères, tu t’entailles,
    T’infliges cruelle bataille.

    Je vois l’errance craintive
    Une toile en ruine, fautive.
    Je vois aussi cette lumière noire,
    Un refuge, un répit provisoire.
    Exeat les sombres chemins insanes,
    Crois au doux présage en filigrane.

    Des cirrhes de ton cœur farouche
    Je ne veux plus être la souche.
    Empresses-toi, cours belle enfant
    L’étincelle agonise, elle se fend.
    Mais si la boue, la lave t’enserrent
    Alors mon tombeau sera cheire.
     
     
     
     

    Le Roi du Fou

     

     

     

    Le Roi du Fou
     
    Demain n’est plus
    L’aube se nécrose
     
    Aujourd’hui est mort
    L’horizon se déflagre
     
    Hier est sur le trône
    Le Funeste se présente
    *
    Demain s’agenouille
    Moi je vous le dis…
    Nouilles sont les demains
     
    Aujourd’hui m’accuse
    Qu’importe le délit…
    Je récuse l’information
     
    Hier est le Roi du Fou
    Qu’a cela ne tienne…
    Je foule la Mare au Sang  
    *
    Mais quand le Fou se tut
    Les Deux vous le diront
    Foutu tout fut…
      
    Car… Vous l’aurez deviné
    L’est plus présent que jamais
    Ce Fou tue Roi !

     

      

    La chair

     
     
    La chair

    La chair s’effarouche
    Du jade exhortant
    Le précipice farouche
    Edit de l’exécutant

    La chair s’ecchymose
    De phalanges gluantes
    Leurs caresses nécrosent
    Le désir de la Mante 

    La chair se répugne
    D’œuvres malfaisantes
    L’obscène l’empoigne
    De sa poigne méprisante

    La chair se cloisonne
    De non-sens spectral
    La chair se façonne
    D’archives ancestrales

    La chair-voix vocifère
    Mielleuse et sanguinolente
    La missive mortifère
    D’une Peau d’âme dolente
     
     
     
     
     

    Le Crime Parfait

     
     
     
    Le Crime Parfait

    La Lumière défaite se retire
    Dans l’âme soumise hostile
    L’Ombre innocemment se faufile

    Chut ! la Mort impavide l’attire
    Il se tient sur le seuil pensif…

    - Dis me donneras-tu de l’amour ?
    - Tu as déjà Mon amour !

    Le fouet de la solitude l’éventre
    Il se sent si seul sur son esquif…

    - Dis seras-tu là toujours ?
    - Je suis là depuis toujours !

    Une berceuse lacère en son ventre
    Il se rend peu à peu encore craintif…

    - Dis verrais-je enfin la beauté du monde ?
    - Tu verras la Beauté de Mon monde !

    Stop ! la Voix ténébreuse là tire…
    Un chant satanique l’empoigne
    Les cieux grondant en témoignent
    Le môme trop faible s’éloigne

    Puis…

    Il sentit une douce chaleur diffuse
    Inconnue en son funeste refuge
    Son âme étrangement confuse
    Il prit la voie d’un amour lucifuge

    Depuis…

    Les Ténèbres sont sa Lumière

    Mais….

    Du fond de la nuit l’on entendit
    Ce cri déchirant qui encore retentit…

    - Save Our Souls... Save Our Souls... Save Our Souls...
     
     
     
     
     

    Confusion onirique

     
     
     
     
    Confusion onirique


    La plaie s’éprend de l’horloge, le temps s’éventre.
    L’irréductible outrage, revenant, me convit en son antre.
    Le dragon rouge approche vomissant son puant enfer.
    Un brumeux mutisme égorgeur, avide de régressions,
    Fait tinter l’hallali ; sonne le glas du captieux paradis.
    Ses os sur sa gorge sont l’échafaud de cette tragédie.

    Elle est momie ambulante, sans langue, les yeux percés.
    Et dans la crypte aux tourments où suinte la terreur,
    Je la sens qui me regarde. Est-ce moi ? Est-ce elle ?
    Est-elle la came? Suis-je l'isoloir? Sommes-nous la Bête?
    C’est dans cette fournaise ardente aux vapeurs d’éther
    Que j’entame une danse disloquée de pantin décalqué.
    Où est ma tête ? Où sont ses jambes ? Y-a-t-il un sens ?
    La rumeur me dit que son cœur s’est teint... d’indifférence.

    Je suis cadavre ambulant, bouche close, regard morose...
    Et dans sa crypte aux cieux empourprés par la frayeur,
    Elle m’exige à son macabre bal. Je m’abandonne démasquée.
    Est-ce elle ? Est-ce moi ? Suis-je la Bête ? Laissez-moi !
    ( Qui-ça, toi ? Non, toi ! Ah ! tu veux dire nous ? Grrrrrr…)
    J’entame alors une danse immortelle de pantin décalqué,
    Tournoyant au gré de folles incantations du cœur.
    Où est ma tête ? Où sont ses jambes ? Y-a-t-il un sens ?
    Dans le lointain, la pesante heure profère sa mise en garde :

    « Ton cœur de cendre s’est teint... »
     
     
     

    Secrète alliance



    Secrète Alliance 

     
    Même si je suis le ciment de ton mouroir
    La laide heure dont tu parles me décime…

    D’un attrait subtil la secrète Horreur
    Le Secret figé m’est emblème de cœur
    Sous la Peau damnée le sceau est bombe
    Un pied dans le vide… l’autre en tombe

    Même si je te suis en ce morne isoloir
    La raideur dont tu te pares m’abîme…

    D’une souillon exilée ivre de fange
    Le sépulcre exhale sa brise étrange
    Un mal entendu des accords stridents
    La voix sépulcrale épouse l’occident

    Même si je suis le repère de ton savoir
    La froideur dont tu t’armes me lamine…

    D’une frontière aux infusions de narcisse
    La Furie se meut dans le couloir factice
    D’une fondrière aux allures de gangue
    Le Fossile déploie sa mauvaise langue

    Même si je te suis en ce monde illusoire
    La noirceur dont tu me pares s’illumine…




    L'empreinte de l'écorchée



    L’empreinte de l’Écorchée


    Elle le sait, elle l’a vu, elle me le conte sans fin.
    Est-il possible qu’elle ne soit que légende?
    Eux… Ne la croient pas…

    ***

    Du versant de la vie elle prit l’angle mort,
    Celui où les viscères s’amarrent, cruelles.
    Où l’ineffable et l’horreur règne en maître !
    Le pacte : La Murer. Rien de bien triste alors.
    Car en pleine lumière nul ne vît l’inégal duel ;
    Pas plus que le masque menaçant du traître.
    Non ! Rien de bien tragique en somme, dés lors…
    Qu’elle se blottit dans les bras de l'Infidèle!
    Signant son arrêt de vie, elle naquit au paraître.

    Je flaire un événement, un écho lointain du passé.
    Cela a-t-il un sens?
    Mais pourquoi…pourquoi ne peut-elle l’amour?

    Elle, un Tout, un Rien fantomatique dans le Néant.
    La Peur viscérale. La Brume du Dédale ancestral.
    Ô Langue Morte… dis-moi la guillotine de l’Être…
    As-tu des rires au tréfonds de ton gouffre béant ?
    Dis-moi, où se confine le décès de ta voix si pâle ?
    Les non-dits que le Pécheur vertueux ne veut connaître ?
    Quel est ce corps froid où festoient les mécréants ?
    Ce repère sous-jacent où le faux est masque vital…
    Hors du présent elle vit, rompue, dans sa jeune retraite.

    Je flaire un événement, un passé pas si lointain.
    Le sens a-t-il son importance?
    Mais pourquoi… pourquoi ne peut-elle la vie?

    ***

    Je la sais, je la vois, je vous la conte sans fin.
    Elle est mon anneau, je suis son porteur!
    Mais Eux… Eux me veulent sans ailes…




    Aneurose





    Aneurose


    Les affres de la nuit m’acculent
    L’Aurore est morte au Crépuscule
    D’un sablier n’égrenant que vide
    L’ennui prend corps et âme avide

    En mes veines la nausée abonde
    Je saigne… je saigne sa laideur
    En mon esprit la Nauséabonde
    Je cours… je cours sa fuite

    Pourquoi cette torture ?
    En interne le Règne de la Mort
    Son ordre d’investiture.
    Pourquoi cette cassure ?
    En externe rien ne l’abhorre
    Son ordre de censure.

    Mon sang coagule inodore
    Bouillonne de secrets carnivores
    L’esthésie se pétrifie en corps
    L’aneurose des sens me dévore

    Je sens la déraison m’engloutir
    L’ombre d’une onde mère rode
    Le glas de son pas sourd m’érode
    L’asphyxie tue l’ultime soupir

    Pourquoi cette cloison ?
    En interne le siège de la Mort
    Son ordre d’éclosion.
    Dis-moi, faut-il une raison ?
    En externe l’appel de la Vie
    J’ordonne sa pendaison.





    Les catacombes




    Les catacombes

    Lorsque mon hypogée il creuse…
    N’est-ce pas là mon illusion ?

    ***
    Sur le chemin de l’hécatombe
    L’étrange façonne ma vision
    J’entends un appel d’outre-tombe
    Les Douze tonnent ma réclusion

    L’alarme est sourde à l’intrusion
    Le cercueil se fend sous les bombes
    Le Zombie loue notre fusion
    Quand mon squelette à ses pieds tombe

    L’Ancien est un mort-né sans tombe
    Le Sans-deuil en est la cloison
    S’épanche le sang de la colombe
    Le donjon vomit le poison

    Et le poids de l’extrême-onction
    La verrière de mes os succombe
    Le Dormeur se met en action
    L’autre geint sous les catacombes

    ***
    Car lorsque son hypogée je creuse
    N’est-ce pas là son implosion ?



    Entre chien et loup





    Entre chien et loup

    Le présent s’assombrit l’éclipse cloue l’heure
    Hier emprisonne tous les sens de sa terreur
    Prélude originel mon deuil ma Tour hurlante
    L’entité du Mort m’inflige une trouée cinglante

    L’Ancêtre se tapit au creux du noir dédale
    Il s’impose effrayant au Monstre-baldaquin
    Se ceint au doux satin ce puits inerte et sale
    En ses bras gît l’informe le vestale mannequin

    Tout de blanc enclavé le terrassant vampire
    A l’affût affûte ses crocs de vieux satyre
    Satyre qui s’effondre au morne point du jour
    Néanmoins entre chien et loup… Il fait séjour

    Je consens une valse au grand Croque-mitaine
    Au blizzard qui vomit mon gluant ennemi
    A la Veuve arachnéenne en sa toile-momie
    Pour un temps oublier leurs morsures hautaines

    Mais je sais de l’aurore la source la plus noire
    De la rivière du Désespoir les faux espoirs
    Je sais le cœur gelé au revers d’un carreau
    Qui vous laisse là groggy de la vie in vitro

    Et ce garrot à ma trousse de secours frivole
    Me vole en éclat et la frousse est bénévole
    De l’antichambre où repose le corps du Dormeur
    Sous le verre ses os se contorsionnent… puis meurent.