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    Onirique Nécropole (fragments)



    Onirique Nécropole 

    (Fragments) 

     

    Une noctambule et sibylline Folie 

    Assiège les parois capitonnées de mon crâne 

    De l’étrange fresque Nocturne aboli 

    Le soupir passager qui outre moi se fane 

     

    *

     

    Il y a là l’essence d’une étrange torpeur

    Le miroitement d’une embelli

    Au plus frêle de son éclat

     

    Otant la membrane poussiéreuse de l’ancêtre

    J’endosse l’ébène d’une seconde peau

    La renégate Noire-sœur

    Eprise de son bestial et nébuleux étau

    Hypnotique casus belli

    Je m’estompe… progressivement

     

    Je vois un carnassier sourire s’étendre

    Langoureusement

    A son œil marmoréen

    L’impalpable nuée s’achemine

     

    Il y a cette pâle lueur d’où l’espoir blêmit

    La brume l’enlace et je danse

    L’ossuaire persistant et je pense

    L’incessante dérive

     

    Nôtre immortel Océan

     

    *

     

    J’entends une voix

    Au velours si familier

    Lame du dedans

     

    L’irréelle et la dévastation

    Le Murmure qui me rive le clou

    « Je te remplacerai par une autre

    Pour moi tu es morte! »

     

    Pourtant je pourrai mourir

    En une miette de sa tendresse

    Mais je mourrai (encore)

    De ne pas (savoir) la recevoir

     

    Je sais ma place vacante

    Dans le Grand Livre

    De notre Histoire

    Moins qu’un souvenir

    Dans la chair originelle

     

    Je n’ai plus de visage

     

    *

     

    J’ai un autre cœur !

     

    En retrait de la Création

    Le violon arbitraire de l’absurde

    Tout un désert en crue qui se tord

    Cet arrière goût fantomatique de chute

    Où l’étreinte de l’ivoire m’aspire

     

    Un autre corps !

    (Aussi)

     

    Une première naissance

    Vague relent mémoriel

    Où l’Anémié se gargarise

    A l’impudique douleur

     

    L’encre purgatoire

    D’une Légendaire Nécropole

    Tout un monde vicié

    Dont le mal ceint l’âme

    Corromps l’Être

     

    Il est la mort

    L’asphyxie

    La froide carcasse

    Le sédentaire sidéré

    Mon soleil artificiel

     

    À bout de bras

    J’ai ses phalanges acides

    Sa signature inconsistante

     

    Qui suis-je…

     

    *

     

    Je vois deux mains

    Une projection de l’Inconnu

    La gauche Anonyme

    Adroite de l’étrange

     

    Leur faire don du Vide

    L’immensément creux

    Car je n’ai d’autre offrande

    Pour combler leur faim de mots

     

    Ma souffrance est leur jubilation

    (Mais savent-elles que…)

    Elles naquirent de l’Ecrasement

    De la genèse d’une dichotomie

    Ma non-existence est leur oxygène

    Mais elles n’ont pour toute sève…

     

    Qu’un vieux flash jauni

     

    Impénétrable

     

    Inaccessible

     

    Savent-elles que…

    Je n’ai de vie

    Si ce n’est l’univers esseulé

    Qu’elles esquissent

     

    Je suis le pantin

    Elles sont les fils

     

    Vice et versa

     

     

    *

     

    J’ai un blanc fantôme

    Qui travesti le présent…

     

    Lui l’Indélicat

    Le Revenant

    Moi la Faiblesse

    La Mortevie

     

    Je vois un escalier

    Amorphe

    L’émoi d’un horizon

    Soudoyé

    Je grimpe…je butte…

    J’avance

    Dès lors qu’il se dérobe

    Pourquoi…

    Pourquoi s’affaisse t-il ?

     

    *

     

    Dans la voûte du ciel cristallin

    L’obèse Ennui me paralyse

     

    Il y a cette Marche Nocturne

    En Chaussons Rouge

    D’antiques archives m’y ramènent

    Transe lucide… VERTIGE

     

    *

     

    Pourtant… il y a ce savoir

    Nul horizon…

     

    Non !

     

    Nul horizon ne se découvre dans le passé

     

    Car le cœur de ce chemin est un corps mort

    Du plomb…

    Du plomb en état d’exaltation

     

    Mais toujours cette sombre Folie

    Le mouvement de sa pensée

    Lente et dévorante animation

    La grandeur de son obscénité

    Qui charpente mon âme

     

    Je la fais mienne en de rare fois

    Mais je suis sienne dans l’autrefois

    Sa loi ne souffre aucune objection

    Sa complainte aucun éloignement

    Sa psalmodie ex cathedra

     

    Rejoins-moi…rejoins-moi…

     

    (Maudit l’Excavatrice)

     

    Et de résistante opposition

    Je n’ai qu’un sinistre leurre

    Piètre Sentinelle aux abois

    Par la névrose exsangue

     

    Car en ce Monde je suis

    Et en ce Monde

    Je reste…

     

    L’Etrangère

     

    *

     

    Il y a tant d’aller et retour…

     

    Combien de temps encore…

    Avant que j’aille sans mon retour ?





    Dans la Vallée de l'Oubli

     

     

     

    Dans la Vallée de l’Oubli

     

    Il était déjà tard. Très tard.

     

    La Vie avait depuis longtemps fait tinter ses douze coups.  

    J’errai depuis un temps immémorial sur le sentier mélancolique de l’Oubli. A l’ombre d’un croissant de lune.

     

    Quand soudain, je croisai un regard gris bleu comme de l’acier. Un regard venu d’outre tombe. Là, à l’ombre d’un arbre millénaire si gigantesque que le ciel, en sa totalité, y était engloutit ; se tenait assis sur un banc séculaire aux couleurs de l’automne, l’apparition la plus énigmatique qui soit.

    Un vieillard…

    Un vieillard qui semblait porter le poids du monde sur ses épaules.

    Un vieillard qui me fixait.

    J’eus le sentiment insensé d’être en retard à un rendez-vous.

     

    Il détourna son regard vide (où était-ce moi ?), comme si ma vue lui brûlait les yeux. Et tout en courbant la tête sous le poids de sa somptueuse chevelure hivernale, qui sous le vent froid de la nuit masquait son visage, il ne dit mot. Malgré moi, je continuai mon observation.

     

    Ses cheveux étaient d’une longueur incroyable.  

    Avais-je une hallucination ?

    Toujours est-il que leurs pointes se muaient en branches noueuses, puis disparaissaient dans les entrailles du monde. Chevelure tortueuse, du crâne à la terre.

    Il semblait être là depuis la nuit des temps. Prisonnier de ses cheveux-racines, sans aucune liberté de mouvement. 

     

    Je n’en croyais pas mes yeux, mais je n’étais pas au bout de mes surprises.

     

    Sous l’épaisse chevelure, nos regards se croisèrent à nouveau… un sentiment de familiarité m‘envahi. D’où venait-il ? Je frissonnais mal à l’aise. L’atmosphère était lourde de violence contenue, pas une âme à qui me raccrocher.

    Pourquoi suis-je ici ?

    Je fus saisie d’une envie de fuir cet endroit sombre qui m‘anesthésiait lentement.

     

    Mes jambes ! Qu’ont-elles ?

    Mon corps ! Pourquoi rien ne suit ?

    (Existe-t-il plus grande frayeur que de n’être plus aux commandes de soi ?)

     

    Je me foutais de tout. Cela faisait si longtemps que la mort avait pris mon âme. La vie se passait en dehors de moi.

    Oh ! Bien sûr, je n’étais pas à dix pieds sous terre. Je me tenais là, dans les limbes, à l’abri des vivants; un pied dans la tombe, l’autre dans le vide. J’attendais.

    Mais quoi ? Quelque chose ou peut-être quelqu’un. Une main tendue…

    Enfin bref !

     J’invitais la Dame du néant à me prendre dans ses bras, mais…

     

    Dans le même temps, ma fascination pour cette énigmatique… créature (où ai-je déjà vu ce regard ?) était plus forte que tous mes états d’âme. Je brûlais d’envie d’en savoir plus. Un sentiment d’urgence me tenaillait. Ma vie semblait en dépendre (il faut croire que l’instinct de survie est le plus fort).

     

    Je m’approchai du banc. J’osai m’y asseoir. Mais, avant que je ne puisse percevoir un seul de ses traits, il détourna de nouveau les yeux. De sorte que seule son étrange chevelure neigeuse s’offrit à mon observation.

     

    Je me demandais qui il était… - Je suis ce que tu veux.

    Je me demandais ce qu’il faisait ici et depuis combien de temps il s’y trouvait… - Il me répondit qu’il n’en savait rien.

    Où étions-nous, il n’en savait… quand tout coup et à ma plus grande surprise (ou était-ce à ma plus grande frayeur) je me rendis compte que je n’avais pas ouvert la bouche.

    Il lisait en mes pensées.

     

    A nouveau l’envie de fuir, à nouveau rien ne suit.

     

    Avec une lenteur savamment calculée, il tourna son visage vers moi. Ma stupeur fût à son comble (enfin, c’est ce que je croyais sur l’instant). Mes jambes, mon cœur, ma raison et tous mes repères s’écroulèrent. Plus rien n’existait autour et en moi.  Tout me criait d’éviter la confrontation.

    Pour une raison qui m’était inaccessible à ce moment-là, je ne pouvais pas m’y soustraire.

     

    Je restai.

     

    Il était beaucoup moins vieux que je ne l’avais cru au premier abord. Il m’est très difficile de décrire ce que j’avais sous les yeux.

     

    La silhouette que j’avais prise pour un vieillard au dos courbé par le poids du monde était en fait… un petit garçon. Son âge ? Une antédiluvienne jeunesse, comme le prouvait sa longue crinière grisonnante que la terre avalait. Le temps s’écoulait autour de lui, mais lui avait cessé sa croissance. Il avait vieilli sans grandir. Je sentais confusément un lointain drame obscur, un secret enseveli sous un épais corps tombal.

     

    Mais revenons à son apparence...

     

    Son regard oscillait entre la tristesse et une profonde et antique mélancolie d’où l’on revenait rarement indemne. La rouille à la bordure de ses yeux offrait un contraste effrayant avec sa peau laiteuse.

    Ciel ! Mon cœur se tordait. Je souffrais de me nourrir de ce spectacle inouï. C’était comme si sa douleur vivait en moi. Je la ressentais dans chacun de mes battements de cœur. Dans chaque parcelle de mon corps. C‘était insoutenable.

     

    Mais je vous l’ai dit, je n’étais pas au bout de mes surprises…

     

    J’en viens au plus douloureux. Son nez était quasi inexistant et sa bouche… sa bouche s’était atrophiée. Ses lèvres s’étaient soudées par manque d’expression, remplacées par un rictus qui sciait mal à un visage enfantin. Ses bras et ses jambes, le long de son corps, étaient inertes. Tout aussi atrophiés.

     

    En fait, il ne faisait plus qu’un avec le banc où il se trouvait. Sa vie se résumait au tombeau végétal où il se trouvait.

    Et toujours sans mots dire je lui demandais :

     

    - Qui êtes-vous ?

    - Tu connais la réponse.

     

    J’étais sidérée…

    Toujours cette envie de fuir, ne pas voir, ne pas savoir…

     

    - Qui vous maltraite de la sorte…

    - Au fond de toi tu sais qui est mon cerbère.

    - Je… je… que fais-je ici ? Laissez-moi partir !

    - Je ne te retiens pas.

    - Mes jambes ne…

    - Elles t’appartiennent.

    - Allez-vous en !

    - Je ne peux pas… je suis prisonnier.

    - Mais de qui ?

    - Dis-le moi !

    - Je vous en pris… qui êtes-vous ?

    - Réfléchi… tout ceci n’est-il pas familier en ton cœur…

    - …

    - Dans les miroir, dans tes rêves, dans tes frayeurs, cette voix dans ton dos, cette présence démoniaque dans la nuit…

    - Taisez-vous…

    - Souviens-toi et  plonge tes yeux encore plus profonds…

    - Mais vous êtes…

    - Un garçon ?  Une façon comme une autre de te leurrer.

    - Assez ! Comment est-ce possible…

    - Je suis le sang de tes mots…L’épine… L’Ecorchée… Line… La Furie… autant de nom pour une seule et même personne… je suis l’encre, tu es la plume…

    - Je ne peux vous croire… vous… vous…

    - Je suis la mort de ta vie. Je suis né en plein jour aux yeux de tous. Tu m’as mis au monde. Mais le monde était trop occupé à se maquiller.

    - NON !

    - Je suis ton cadavre. Tu es mon cercueil. Ou vice-versa.

    - Alors, tout ceci est ma création… mais… pourquoi suis-je ici ?

    - En effet, ceci est le monde que tu portes. Le trou noir où s’évapore toute ton énergie. Et la seule chose que tu doives faire est de mettre fin à mon agonie.

    - Je me sens si faible. Tout est montagne à gravir.

    - Les plus belles sources sont au faîte des montagnes.

    - Je ne sais plus comment faire… Je n’ai plus la force de retourner en pleine lumière.

    - Tu l’as toujours eu.

    - …

    - Tu préfères rester là avec moi ?

    - …

    - Inerte, à regarder le temps s’en aller.

    - Tout est si familier, si paisible…

    - Si paisiblement mort, tu veux dire. Regarde-moi ou plutôt regarde-toi. Nous sommes cette MORT. Crois-tu vraiment qu’ici je ne souffre pas ?

    - …

    - Crois-tu que la solitude soit bonne compagne quand elle est imposée et non choisi ?

    - …

    - Tu aimes les ténèbres car elles t’ont permise de survivre. Pourtant le néant nous rattrape…

    - L’innocence perdue l’est à jamais et ma vision du monde est si faussée. Comment re-vivre après tout ce qui s’est passé… je me sens si sale, si transparente… si… si… seule. Tout est si irrémédiablement laid…

    - Non… non ! Tout n’est pas si laid. L’innocence n’est pas une chose que l’on possède, l’Innocence est un état d’esprit… ouvre ton cœur, libère ton âme et enfin tu verras. Car l’Innocence c’est regarder toute chose avec un œil neuf.

    - Je ne vois qu’obscurité…

    - Souviens toi de ce vieux dicton : « L’on ne peut éteindre l’obscurité, mais l’on peut allumer la lumière. »

    - Je crois avoir toujours su ce que j’avais à faire ?

    - Alors, n’hésite pas cette rencontre est ta dernière chance. Tu dois me lâcher la main !

    - Mais...  J’ai si peur !

    - La peur n’est autre que la mort de la Vie.  L’inconnu t’angoisse. Mais il rend vivant !

     

    Nous avons parlé de longues heures et pour la première fois de ma vie je mis des mots sur le silence. Sur l’enfance figée qui pourrissait en moi.

    Il me conta comment cet univers empirique avait pris possession de lui et combien il se haït pour tant de soumission. La Mort, qui mille fois le courtisa et tout autant de fois le repoussa… lui refusait ses grâces.

    Cependant, elle accepta son âme, l’emporta au loin. Depuis, elle trônait dans la collection de la Dame Noire (comme il aimait à la nommer). Sur les étagères poussiéreuses de l’ennui. C’est ainsi que le sommeil l’asphyxia. Je le pris dans mes bras et nous pleurâmes tout ce que nous avions perdu. Nous faisions notre deuil d’une enfance, d’une âme, d’un cœur, d’un corps sacrifiée au profit du paraître.

     

    Soudain, j’aperçus au bout d’une branche un objet, qui il me semble, n’était pas là un peu plus tôt… un ciseau qui étincelait.

    Je le regardai sans un mot (il avait suivi mon regard).

     

    Toujours sans mot dire :

    - Souviens-toi ! Je suis ton anneau, tu es mon porteur.

    - C’est si dur d’avancer…

    - Oui, ça l’est.  Mais toi seule peux me quitter… tu as le choix vivre ou t’abîmer avec moi.

    - Que faire et comment vivre sans toi ?

    - Tu ne vis pas avec moi, tu meurs avec moi. Tu le sais.  Est-ce là ce que tu veux ?

    - …

     

    Je décrochai l’objet.

    En revenant à ses yeux, je compris que lui aussi était terrifié.

    Il les ferma…

     

    D’un coup net… je tranchai sa longue chevelure hivernale.

     

     

     

     

    Au silence des fées

         
     
     
    Au silence des fées

    Puisque vous m’avez faite
    Putain et bonne à rien
    Tel un jour sans fenêtre
    Au reflet du Vaurien

    Puisque j’ai la défaite
    De n’être à votre goût
    Que les repas de fête
    Sont hors-d’œuvre d’égout

    Puisque dans l’Antre Dragon
    Mon vieux cœur s’ensommeille
    Que sa peur du second
    Est ma stèle vermeille

    Puisque mon corps remue
    Au rythme d’un couteau
    Que la plaie en moi mue
    L’absence en lourd manteau

    Puisque le vide est là
    Au creuset de mes mains
    Je n’aurai d’autre choix
    Bannir vos lents « Demain ! »

    Puisque le mal est fait
    Je vous survivrai… Mère
    Au silence des fées
    Mon berceau vous enterre

     

     

    Mutisme (le corps des faits)

     
     
     
    Mutisme (Le corps des faits)

    Lourd

    Mon corps est lourd
    Il a oublié
    Il s’est effacé

    Faignant le trépas
    Au regard d’un lit
    Dans de beaux draps de lin...
    Seul
    Papier-émeri

    A l’envers

    Pendu

    Mon cœur s’est pendu
    Il n’a pas su
    Il n’a pas vu

    N’a pas voulu

    Ce vide en absence
    En dessous de verre
    La pierre… à perte de vue
    Ce goût amer… la terre

    L’antre où il se taire

    Liées

    Mes mains sont liées
    Elles ont fleuri
    Elles ont fané

    Au secret d’un jardin

    Mouvoir l’infertile
    Les ailes orphelines
    D’un corps défait

    Perdue

    Une petite fille s’est perdue
    Ce matin là… c’était l’été

    Éperdue
    Elle se balance
    Intérieur
    Sur l’arrête des mots

    Fendue

    Sa bouche s’est fendue
    D’un palais de glace
    Un cloue sur le bec
    Édicte sa loi… Réticence

    Suspendue

    Elle est suspendue
    A l’orée du monde
    Pendue à vos fils

    A vos mots décousus
     
     
     

    Je ne t'aime pas

     
     
     
    Je ne t’aime pas

    Non ! Je ne t’aime pas…

    Souviens-toi…
    J’ai aimé mon père
    Un vampire en mon cimetière

    Penses-y…
    J’ai aimé ma mère
    La Clouée, mon fade Cerbère

    Non ! Je ne t’aime pas…

    Nul concept poussiéreux
    Nulle corde au coût vertigineux

    Vois l’issue…
    Je n’ai plus de père
    Me reste un vestige, une poussière

    Vois mon mal…
    Je n’ai plus de mère
    Restent les plaies, la meurtrière

    Non ! Je ne t’aime pas…

    Nul concept poussiéreux
    Nulle corde au coût vertigineux

    Penses-y…
    En un mot un nom
    L’on crée l’oiseau et la volière

    Souviens-toi…
    En mes maux mon nom
    Le Sceau de la Mort est lumière

    Non ! Je ne t’aime pas…

    Nul concept poussiéreux
    Nulle corde au coût vertigineux

    Vois plus loin…
    Au-dedans, l’émotion m’est fleur
    Nul vocable ne peut l’éclore

    Chut regarde…
    J’ai ouvert la cage aux « Je t’aime »
    Délivrant les nénies de leur anathème

    Non ! Je ne t’aime pas…

    Nul concept poussiéreux
    Nulle corde au coût vertigineux

    Chut... écoutons…
    Et Léguons au silence l’égard
    De nous (dé)couvrir sans fard
     
     
     
     

    Fracturer le temps

     
     
     
       
    Fracturer le temps

    Je décrois mais…
    Vous croire
    Vous rêver encore…
    Différemment

    Autrement

    Fracturer le temps
    L’organique
    Saigner l’effraction
    L’immuable
    Suggérer l’évasion
    Une trêve

    Faire que l’Éteint scelle
    Mon précieux compte de fait

    Alors je volerai…

    Je veux des ailes
    Entières
    Des ailes de phoenix
    Une lézarde magique
    Une frontière sur l’autre monde

    Sur Le monde

    Je suis la toile de vos silences
    Le peintre de vos non-dits
    J’esquisse mon cœur… là
    A la pointe de vos orteils
    Et je me cogne
    Et je m’attache
    A vos semelles méprisantes
    Et je vous déteste…
    De m’aimer

    Mais… puisque le conte est fait
    Puisque l’on meurt d’amour
    Je forgerai ma fraction
    Un zeste de sublime

    Encore une éternité
    Avant que…
    J’éviscère l’oriflamme

    M’en voulez-vous…
    De vous occire ?
    M’en voulez-vous…
    De n’être plus ?
    Qu’un fétu de faille
    Ou peut-être est-ce moi
    Qui vous aime… de me détester

    J’ai des souvenirs qui se percutent
    A l’angle passif de vos vices
    J’ai des souvenirs qui entaillent
    Les secondes trop lisses
    L’or ne peut-il être…
    Qu’éphémère ?

    Mes entrailles palpitent
    En flashes brisés
    Monochrome

    Sans trêve je vous vire
    Sans cesse je vous revis

    Vous êtes mon abîme
    Mon amarre
    Le pic de mes sanglots
    L’amarante mer
    Le port et l’arrière-garde
    Le vaisseau fantôme
    Où je suffoque

    Pourquoi ce ventre
    Abysse sale
    Pourquoi cette identité
    Fragile osselet
    Qui forge mon absence
    Qui force mon errance
    Je suis là sans l’être

    Seul l’acte donne naissance

    Je ne sais… que mourir
    Je ne veux… que vivre
    Mais je ne peux me défaire
    De ce sang… là… partout…

    Du miellat sur mon corps

    Mon Innocente éperdue
    Mon Esclave malfaisante
    Je me lacère de ta folie
    Meurtrière ou complice

    Dans quelle contrée sauvage
    S’égare le savoir…

    Ô ma douce
    Ma mélancolique fêlure
    L’impur est nôtre écrin
    Et nous stagnons…
    Dans l’hémoglobine… aimée
    Suppliciées de l’invisible

    D’où l’heure en faction

    Je vous vois mais…
    La voir autrement
    Me rêver encore…
    Différente

    Car l’autre ment !

    Fracturer le temps
    L’organique
    Créer l’effraction
    Que l’étincelle vacillante
    Soit l’Impérieuse
    En mon ambitieux …
    En mon fêlé conte de fée

    J’ai au fond du cœur
    La certitude
    D’un Jour Naissant…

    Car je sais un rêve… une mort…
    Un ailleurs… une faim…

    Et je sais que…
    Je meurs de cette faim

    Alors…
    Ce jour là

    Je me tapirai sur vos tombes
    Puis… me vomissant
    Je bannirai vos ombres

           

    Tranche ma peau

     
     
     
     
    Tranche ma peau

    Tranche ma peau d’ange
    Soumis
    Tes dix aiguilles fétides
    Mes petites phalanges cinabre

    Tranche ma peau
    Le vif désarroi
    Et l’enfant-roi
    Dénaturé

    Ma mort n’aura d’odeur
    Si ce n’est le parfum du silence

    Tranche ma peau
    Paillasson de ta voracité
    Gerbe en mes nuits
    J’ai le cœur si haut

    Tranche ma peau d’ange
    Conquis
    Tes corbeaux d’acier
    Dilacèrent mon ciel
    Le crime in elle
    Harcèlent ma chair

    L’amour m’est une larme
    L’arme du Croque-mitaine

    Tranche ma peau
    De mes pieds croupis
    A mon corps décharné
    L’ichor de tes ancêtres
    Me flagelle

    Tranche… tranche
    Fais-moi la peau
    Tranche... tranche
    Monstre de l’ombre

    Ton spectre est ma morsure
    Mon absence sera ta mort sûre

    Tranche ma peau d’ange
    Soumis
    Tes dix aiguilles se fanent
    Mes petites phalanges s’éveillent

    Dis-moi… vois-tu l’interrupteur ?

     

     

    L'offense

     

       

    L’offense

     

    Car l’offense qui t’est faite par le faux

    Ne saurait être parfaite

    Si au faîte de la Fête du Tout-puissant

    Tu fâches la Bête

    En lâchant la Faute.  

     

     

     

     

     

     



    Noli-me-tangere

         
     
     Noli me tangere



    Le jour se disloque

    Pour un pas de trop



    Une omerta... insectueuse

    Une toute petite mort(e)

    Son faciès en distorsion

    Mes larmes de soufre



    ***



    Par un beau jour d’été

    L’hiver… L’amaurose



    Dans le creux d’airain

    Une douleur soyeuse

    Dans l’ombre du soleil

    Une tactile laideur



    Confusion de l’être

    La Mort en perfusion

    Plus rien ne m’atteint

    Mais toute chose me blesse



    La maison se noie

    L’irréel m’emporte

    L’Infestueux amour

    Idolâtre mon crâne



    ***



    Quand la nuit élève

    Son bastion de chair

    Que le Colosse informe

    Se délecte de mon âme



    J’ai la peur au cœur…

    Et le mâle au ventre 

     

    Noli me tangere

     

     

      

    Faussaire

     
     
     
    Faussaire 

    J’appréhende les matins éclatants qui sertissent les yeux de faux semblant.  

    Au diable les « joyeux » mécontents. Je veu