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    Onirique Nécropole (fragments)



    Onirique Nécropole 

    (Fragments) 

     

    Une noctambule et sibylline Folie 

    Assiège les parois capitonnées de mon crâne 

    De l’étrange fresque Nocturne aboli 

    Le soupir passager qui outre moi se fane 

     

    *

     

    Il y a là l’essence d’une étrange torpeur

    Le miroitement d’une embelli

    Au plus frêle de son éclat

     

    Otant la membrane poussiéreuse de l’ancêtre

    J’endosse l’ébène d’une seconde peau

    La renégate Noire-sœur

    Eprise de son bestial et nébuleux étau

    Hypnotique casus belli

    Je m’estompe… progressivement

     

    Je vois un carnassier sourire s’étendre

    Langoureusement

    A son œil marmoréen

    L’impalpable nuée s’achemine

     

    Il y a cette pâle lueur d’où l’espoir blêmit

    La brume l’enlace et je danse

    L’ossuaire persistant et je pense

    L’incessante dérive

     

    Nôtre immortel Océan

     

    *

     

    J’entends une voix

    Au velours si familier

    Lame du dedans

     

    L’irréelle et la dévastation

    Le Murmure qui me rive le clou

    « Je te remplacerai par une autre

    Pour moi tu es morte! »

     

    Pourtant je pourrai mourir

    En une miette de sa tendresse

    Mais je mourrai (encore)

    De ne pas (savoir) la recevoir

     

    Je sais ma place vacante

    Dans le Grand Livre

    De notre Histoire

    Moins qu’un souvenir

    Dans la chair originelle

     

    Je n’ai plus de visage

     

    *

     

    J’ai un autre cœur !

     

    En retrait de la Création

    Le violon arbitraire de l’absurde

    Tout un désert en crue qui se tord

    Cet arrière goût fantomatique de chute

    Où l’étreinte de l’ivoire m’aspire

     

    Un autre corps !

    (Aussi)

     

    Une première naissance

    Vague relent mémoriel

    Où l’Anémié se gargarise

    A l’impudique douleur

     

    L’encre purgatoire

    D’une Légendaire Nécropole

    Tout un monde vicié

    Dont le mal ceint l’âme

    Corromps l’Être

     

    Il est la mort

    L’asphyxie

    La froide carcasse

    Le sédentaire sidéré

    Mon soleil artificiel

     

    À bout de bras

    J’ai ses phalanges acides

    Sa signature inconsistante

     

    Qui suis-je…

     

    *

     

    Je vois deux mains

    Une projection de l’Inconnu

    La gauche Anonyme

    Adroite de l’étrange

     

    Leur faire don du Vide

    L’immensément creux

    Car je n’ai d’autre offrande

    Pour combler leur faim de mots

     

    Ma souffrance est leur jubilation

    (Mais savent-elles que…)

    Elles naquirent de l’Ecrasement

    De la genèse d’une dichotomie

    Ma non-existence est leur oxygène

    Mais elles n’ont pour toute sève…

     

    Qu’un vieux flash jauni

     

    Impénétrable

     

    Inaccessible

     

    Savent-elles que…

    Je n’ai de vie

    Si ce n’est l’univers esseulé

    Qu’elles esquissent

     

    Je suis le pantin

    Elles sont les fils

     

    Vice et versa

     

     

    *

     

    J’ai un blanc fantôme

    Qui travesti le présent…

     

    Lui l’Indélicat

    Le Revenant

    Moi la Faiblesse

    La Mortevie

     

    Je vois un escalier

    Amorphe

    L’émoi d’un horizon

    Soudoyé

    Je grimpe…je butte…

    J’avance

    Dès lors qu’il se dérobe

    Pourquoi…

    Pourquoi s’affaisse t-il ?

     

    *

     

    Dans la voûte du ciel cristallin

    L’obèse Ennui me paralyse

     

    Il y a cette Marche Nocturne

    En Chaussons Rouge

    D’antiques archives m’y ramènent

    Transe lucide… VERTIGE

     

    *

     

    Pourtant… il y a ce savoir

    Nul horizon…

     

    Non !

     

    Nul horizon ne se découvre dans le passé

     

    Car le cœur de ce chemin est un corps mort

    Du plomb…

    Du plomb en état d’exaltation

     

    Mais toujours cette sombre Folie

    Le mouvement de sa pensée

    Lente et dévorante animation

    La grandeur de son obscénité

    Qui charpente mon âme

     

    Je la fais mienne en de rare fois

    Mais je suis sienne dans l’autrefois

    Sa loi ne souffre aucune objection

    Sa complainte aucun éloignement

    Sa psalmodie ex cathedra

     

    Rejoins-moi…rejoins-moi…

     

    (Maudit l’Excavatrice)

     

    Et de résistante opposition

    Je n’ai qu’un sinistre leurre

    Piètre Sentinelle aux abois

    Par la névrose exsangue

     

    Car en ce Monde je suis

    Et en ce Monde

    Je reste…

     

    L’Etrangère

     

    *

     

    Il y a tant d’aller et retour…

     

    Combien de temps encore…

    Avant que j’aille sans mon retour ?





    Comments (2)

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    Saphariel, je suis toujours aussi émue quand je te lis. J'ai chaque fois ce sentiment profond de "connection" avec toi.. Je l'ai lu et relu, plus d'une fois en continu. J'ai eu le souffle coupé et  j'ai eu mal à la fin quand j'ai prononcé le dernier mot. Très mal.. J'ai eu tout au long de ma lecture ce sentiment souvent ressenti de vivre dans un monde parallèle, étrangère.. Ici entre le rêve et la mort, la mort pour renaître, pour mieux mourir aussi, dans cette recherche d'un autre corps, d'un autre coeur, d'un autre visage.. Tout cela en cette question posée: qui suis-je?  En tout cas tu es pour moi une femme extrêmement précieuse et belle. je viens de passer un beau moment "avec toi" ma chère Saphariel...
     
    Bisous et sincères amitiés
    Nad
     
    Sept. 22
    Nathwrote:
    ah la la....!
    Sept. 6

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