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Saphariel... Autopsy d'un crime parfaitIl peut y avoir au tournant, une nouvelle route ou une porte secrète (JRR Tolkien).
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Onirique Nécropole (fragments)Onirique Nécropole (Fragments)
Une noctambule et sibylline Folie Assiège les parois capitonnées de mon crâne De l’étrange fresque Nocturne aboli Le soupir passager qui outre moi se fane
*
Il y a là l’essence d’une étrange torpeur Le miroitement d’une embelli Au plus frêle de son éclat
Otant la membrane poussiéreuse de l’ancêtre J’endosse l’ébène d’une seconde peau La renégate Noire-sœur Eprise de son bestial et nébuleux étau Hypnotique casus belli Je m’estompe… progressivement
Je vois un carnassier sourire s’étendre Langoureusement A son œil marmoréen L’impalpable nuée s’achemine
Il y a cette pâle lueur d’où l’espoir blêmit La brume l’enlace et je danse L’ossuaire persistant et je pense L’incessante dérive
Nôtre immortel Océan
*
J’entends une voix Au velours si familier Lame du dedans
L’irréelle et la dévastation Le Murmure qui me rive le clou « Je te remplacerai par une autre Pour moi tu es morte! »
Pourtant je pourrai mourir En une miette de sa tendresse Mais je mourrai (encore) De ne pas (savoir) la recevoir
Je sais ma place vacante Dans le Grand Livre De notre Histoire Moins qu’un souvenir Dans la chair originelle
Je n’ai plus de visage
*
J’ai un autre cœur !
En retrait de la Création Le violon arbitraire de l’absurde Tout un désert en crue qui se tord Cet arrière goût fantomatique de chute Où l’étreinte de l’ivoire m’aspire
Un autre corps ! (Aussi)
Une première naissance Vague relent mémoriel Où l’Anémié se gargarise A l’impudique douleur
L’encre purgatoire D’une Légendaire Nécropole Tout un monde vicié Dont le mal ceint l’âme Corromps l’Être
Il est la mort L’asphyxie La froide carcasse Le sédentaire sidéré Mon soleil artificiel
À bout de bras J’ai ses phalanges acides Sa signature inconsistante
Qui suis-je…
*
Je vois deux mains Une projection de l’Inconnu La gauche Anonyme Adroite de l’étrange
Leur faire don du Vide L’immensément creux Car je n’ai d’autre offrande Pour combler leur faim de mots
Ma souffrance est leur jubilation (Mais savent-elles que…) Elles naquirent de l’Ecrasement De la genèse d’une dichotomie Ma non-existence est leur oxygène Mais elles n’ont pour toute sève…
Qu’un vieux flash jauni
Impénétrable
Inaccessible
Savent-elles que… Je n’ai de vie Si ce n’est l’univers esseulé Qu’elles esquissent
Je suis le pantin Elles sont les fils
Vice et versa
*
J’ai un blanc fantôme Qui travesti le présent…
Lui l’Indélicat Le Revenant Moi la Faiblesse La Mortevie
Je vois un escalier Amorphe L’émoi d’un horizon Soudoyé Je grimpe…je butte… J’avance Dès lors qu’il se dérobe Pourquoi… Pourquoi s’affaisse t-il ?
*
Dans la voûte du ciel cristallin L’obèse Ennui me paralyse
Il y a cette Marche Nocturne En Chaussons Rouge D’antiques archives m’y ramènent Transe lucide… VERTIGE
*
Pourtant… il y a ce savoir Nul horizon…
Non !
Nul horizon ne se découvre dans le passé
Car le cœur de ce chemin est un corps mort Du plomb… Du plomb en état d’exaltation
Mais toujours cette sombre Folie Le mouvement de sa pensée Lente et dévorante animation La grandeur de son obscénité Qui charpente mon âme
Je la fais mienne en de rare fois Mais je suis sienne dans l’autrefois Sa loi ne souffre aucune objection Sa complainte aucun éloignement Sa psalmodie ex cathedra
Rejoins-moi…rejoins-moi…
(Maudit l’Excavatrice)
Et de résistante opposition Je n’ai qu’un sinistre leurre Piètre Sentinelle aux abois Par la névrose exsangue
Car en ce Monde je suis Et en ce Monde Je reste…
L’Etrangère
*
Il y a tant d’aller et retour…
Combien de temps encore… Avant que j’aille sans mon retour ?
Dans la Vallée de l'Oubli
Dans la Vallée de l’Oubli
Il était déjà tard. Très tard.
La Vie avait depuis longtemps fait tinter ses douze coups. J’errai depuis un temps immémorial sur le sentier mélancolique de l’Oubli. A l’ombre d’un croissant de lune.
Quand soudain, je croisai un regard gris bleu comme de l’acier. Un regard venu d’outre tombe. Là, à l’ombre d’un arbre millénaire si gigantesque que le ciel, en sa totalité, y était engloutit ; se tenait assis sur un banc séculaire aux couleurs de l’automne, l’apparition la plus énigmatique qui soit. Un vieillard… Un vieillard qui semblait porter le poids du monde sur ses épaules. Un vieillard qui me fixait. J’eus le sentiment insensé d’être en retard à un rendez-vous.
Il détourna son regard vide (où était-ce moi ?), comme si ma vue lui brûlait les yeux. Et tout en courbant la tête sous le poids de sa somptueuse chevelure hivernale, qui sous le vent froid de la nuit masquait son visage, il ne dit mot. Malgré moi, je continuai mon observation.
Ses cheveux étaient d’une longueur incroyable. Avais-je une hallucination ? Toujours est-il que leurs pointes se muaient en branches noueuses, puis disparaissaient dans les entrailles du monde. Chevelure tortueuse, du crâne à la terre. Il semblait être là depuis la nuit des temps. Prisonnier de ses cheveux-racines, sans aucune liberté de mouvement.
Je n’en croyais pas mes yeux, mais je n’étais pas au bout de mes surprises.
Sous l’épaisse chevelure, nos regards se croisèrent à nouveau… un sentiment de familiarité m‘envahi. D’où venait-il ? Je frissonnais mal à l’aise. L’atmosphère était lourde de violence contenue, pas une âme à qui me raccrocher. Pourquoi suis-je ici ? Je fus saisie d’une envie de fuir cet endroit sombre qui m‘anesthésiait lentement.
Mes jambes ! Qu’ont-elles ? Mon corps ! Pourquoi rien ne suit ? (Existe-t-il plus grande frayeur que de n’être plus aux commandes de soi ?)
Je me foutais de tout. Cela faisait si longtemps que la mort avait pris mon âme. La vie se passait en dehors de moi. Oh ! Bien sûr, je n’étais pas à dix pieds sous terre. Je me tenais là, dans les limbes, à l’abri des vivants; un pied dans la tombe, l’autre dans le vide. J’attendais. Mais quoi ? Quelque chose ou peut-être quelqu’un. Une main tendue… Enfin bref ! J’invitais la Dame du néant à me prendre dans ses bras, mais…
Dans le même temps, ma fascination pour cette énigmatique… créature (où ai-je déjà vu ce regard ?) était plus forte que tous mes états d’âme. Je brûlais d’envie d’en savoir plus. Un sentiment d’urgence me tenaillait. Ma vie semblait en dépendre (il faut croire que l’instinct de survie est le plus fort).
Je m’approchai du banc. J’osai m’y asseoir. Mais, avant que je ne puisse percevoir un seul de ses traits, il détourna de nouveau les yeux. De sorte que seule son étrange chevelure neigeuse s’offrit à mon observation.
Je me demandais qui il était… - Je suis ce que tu veux. Je me demandais ce qu’il faisait ici et depuis combien de temps il s’y trouvait… - Il me répondit qu’il n’en savait rien. Où étions-nous, il n’en savait… quand tout coup et à ma plus grande surprise (ou était-ce à ma plus grande frayeur) je me rendis compte que je n’avais pas ouvert la bouche. Il lisait en mes pensées.
A nouveau l’envie de fuir, à nouveau rien ne suit.
Avec une lenteur savamment calculée, il tourna son visage vers moi. Ma stupeur fût à son comble (enfin, c’est ce que je croyais sur l’instant). Mes jambes, mon cœur, ma raison et tous mes repères s’écroulèrent. Plus rien n’existait autour et en moi. Tout me criait d’éviter la confrontation. Pour une raison qui m’était inaccessible à ce moment-là, je ne pouvais pas m’y soustraire.
Je restai.
Il était beaucoup moins vieux que je ne l’avais cru au premier abord. Il m’est très difficile de décrire ce que j’avais sous les yeux.
La silhouette que j’avais prise pour un vieillard au dos courbé par le poids du monde était en fait… un petit garçon. Son âge ? Une antédiluvienne jeunesse, comme le prouvait sa longue crinière grisonnante que la terre avalait. Le temps s’écoulait autour de lui, mais lui avait cessé sa croissance. Il avait vieilli sans grandir. Je sentais confusément un lointain drame obscur, un secret enseveli sous un épais corps tombal.
Mais revenons à son apparence...
Son regard oscillait entre la tristesse et une profonde et antique mélancolie d’où l’on revenait rarement indemne. La rouille à la bordure de ses yeux offrait un contraste effrayant avec sa peau laiteuse. Ciel ! Mon cœur se tordait. Je souffrais de me nourrir de ce spectacle inouï. C’était comme si sa douleur vivait en moi. Je la ressentais dans chacun de mes battements de cœur. Dans chaque parcelle de mon corps. C‘était insoutenable.
Mais je vous l’ai dit, je n’étais pas au bout de mes surprises…
J’en viens au plus douloureux. Son nez était quasi inexistant et sa bouche… sa bouche s’était atrophiée. Ses lèvres s’étaient soudées par manque d’expression, remplacées par un rictus qui sciait mal à un visage enfantin. Ses bras et ses jambes, le long de son corps, étaient inertes. Tout aussi atrophiés.
En fait, il ne faisait plus qu’un avec le banc où il se trouvait. Sa vie se résumait au tombeau végétal où il se trouvait. Et toujours sans mots dire je lui demandais :
- Qui êtes-vous ? - Tu connais la réponse.
J’étais sidérée… Toujours cette envie de fuir, ne pas voir, ne pas savoir…
- Qui vous maltraite de la sorte… - Au fond de toi tu sais qui est mon cerbère. - Je… je… que fais-je ici ? Laissez-moi partir ! - Je ne te retiens pas. - Mes jambes ne… - Elles t’appartiennent. - Allez-vous en ! - Je ne peux pas… je suis prisonnier. - Mais de qui ? - Dis-le moi ! - Je vous en pris… qui êtes-vous ? - Réfléchi… tout ceci n’est-il pas familier en ton cœur… - … - Dans les miroir, dans tes rêves, dans tes frayeurs, cette voix dans ton dos, cette présence démoniaque dans la nuit… - Taisez-vous… - Souviens-toi et plonge tes yeux encore plus profonds… - Mais vous êtes… - Un garçon ? Une façon comme une autre de te leurrer. - Assez ! Comment est-ce possible… - Je suis le sang de tes mots…L’épine… L’Ecorchée… Line… La Furie… autant de nom pour une seule et même personne… je suis l’encre, tu es la plume… - Je ne peux vous croire… vous… vous… - Je suis la mort de ta vie. Je suis né en plein jour aux yeux de tous. Tu m’as mis au monde. Mais le monde était trop occupé à se maquiller. - NON ! - Je suis ton cadavre. Tu es mon cercueil. Ou vice-versa. - Alors, tout ceci est ma création… mais… pourquoi suis-je ici ? - En effet, ceci est le monde que tu portes. Le trou noir où s’évapore toute ton énergie. Et la seule chose que tu doives faire est de mettre fin à mon agonie. - Je me sens si faible. Tout est montagne à gravir. - Les plus belles sources sont au faîte des montagnes. - Je ne sais plus comment faire… Je n’ai plus la force de retourner en pleine lumière. - Tu l’as toujours eu. - … - Tu préfères rester là avec moi ? - … - Inerte, à regarder le temps s’en aller. - Tout est si familier, si paisible… - Si paisiblement mort, tu veux dire. Regarde-moi ou plutôt regarde-toi. Nous sommes cette MORT. Crois-tu vraiment qu’ici je ne souffre pas ? - … - Crois-tu que la solitude soit bonne compagne quand elle est imposée et non choisi ? - … - Tu aimes les ténèbres car elles t’ont permise de survivre. Pourtant le néant nous rattrape… - L’innocence perdue l’est à jamais et ma vision du monde est si faussée. Comment re-vivre après tout ce qui s’est passé… je me sens si sale, si transparente… si… si… seule. Tout est si irrémédiablement laid… - Non… non ! Tout n’est pas si laid. L’innocence n’est pas une chose que l’on possède, l’Innocence est un état d’esprit… ouvre ton cœur, libère ton âme et enfin tu verras. Car l’Innocence c’est regarder toute chose avec un œil neuf. - Je ne vois qu’obscurité… - Souviens toi de ce vieux dicton : « L’on ne peut éteindre l’obscurité, mais l’on peut allumer la lumière. » - Je crois avoir toujours su ce que j’avais à faire ? - Alors, n’hésite pas cette rencontre est ta dernière chance. Tu dois me lâcher la main ! - Mais... J’ai si peur ! - La peur n’est autre que la mort de la Vie. L’inconnu t’angoisse. Mais il rend vivant !
Nous avons parlé de longues heures et pour la première fois de ma vie je mis des mots sur le silence. Sur l’enfance figée qui pourrissait en moi. Il me conta comment cet univers empirique avait pris possession de lui et combien il se haït pour tant de soumission. La Mort, qui mille fois le courtisa et tout autant de fois le repoussa… lui refusait ses grâces. Cependant, elle accepta son âme, l’emporta au loin. Depuis, elle trônait dans la collection de la Dame Noire (comme il aimait à la nommer). Sur les étagères poussiéreuses de l’ennui. C’est ainsi que le sommeil l’asphyxia. Je le pris dans mes bras et nous pleurâmes tout ce que nous avions perdu. Nous faisions notre deuil d’une enfance, d’une âme, d’un cœur, d’un corps sacrifiée au profit du paraître.
Soudain, j’aperçus au bout d’une branche un objet, qui il me semble, n’était pas là un peu plus tôt… un ciseau qui étincelait. Je le regardai sans un mot (il avait suivi mon regard).
Toujours sans mot dire : - Souviens-toi ! Je suis ton anneau, tu es mon porteur. - C’est si dur d’avancer… - Oui, ça l’est. Mais toi seule peux me quitter… tu as le choix vivre ou t’abîmer avec moi. - Que faire et comment vivre sans toi ? - Tu ne vis pas avec moi, tu meurs avec moi. Tu le sais. Est-ce là ce que tu veux ? - …
Je décrochai l’objet. En revenant à ses yeux, je compris que lui aussi était terrifié. Il les ferma…
D’un coup net… je tranchai sa longue chevelure hivernale.
Au silence des féesAu silence des fées
Puisque vous m’avez faite Putain et bonne à rien Tel un jour sans fenêtre Au reflet du Vaurien Puisque j’ai la défaite De n’être à votre goût Que les repas de fête Sont hors-d’œuvre d’égout Puisque dans l’Antre Dragon Mon vieux cœur s’ensommeille Que sa peur du second Est ma stèle vermeille Puisque mon corps remue Au rythme d’un couteau Que la plaie en moi mue L’absence en lourd manteau Puisque le vide est là Au creuset de mes mains Je n’aurai d’autre choix Bannir vos lents « Demain ! » Puisque le mal est fait Je vous survivrai… Mère Au silence des fées Mon berceau vous enterre
Mutisme (le corps des faits)Mutisme (Le corps des faits)
Lourd Mon corps est lourd Il a oublié Il s’est effacé Faignant le trépas Au regard d’un lit Dans de beaux draps de lin... Seul Papier-émeri A l’envers Pendu Mon cœur s’est pendu Il n’a pas su Il n’a pas vu N’a pas voulu Ce vide en absence En dessous de verre La pierre… à perte de vue Ce goût amer… la terre L’antre où il se taire Liées Mes mains sont liées Elles ont fleuri Elles ont fané Au secret d’un jardin Mouvoir l’infertile Les ailes orphelines D’un corps défait Perdue Une petite fille s’est perdue Ce matin là… c’était l’été Éperdue Elle se balance Intérieur Sur l’arrête des mots Fendue Sa bouche s’est fendue D’un palais de glace Un cloue sur le bec Édicte sa loi… Réticence Suspendue Elle est suspendue A l’orée du monde Pendue à vos fils A vos mots décousus Je ne t'aime pasJe ne t’aime pas
Non ! Je ne t’aime pas… Souviens-toi… J’ai aimé mon père Un vampire en mon cimetière Penses-y… J’ai aimé ma mère La Clouée, mon fade Cerbère Non ! Je ne t’aime pas… Nul concept poussiéreux Nulle corde au coût vertigineux Vois l’issue… Je n’ai plus de père Me reste un vestige, une poussière Vois mon mal… Je n’ai plus de mère Restent les plaies, la meurtrière Non ! Je ne t’aime pas… Nul concept poussiéreux Nulle corde au coût vertigineux Penses-y… En un mot un nom L’on crée l’oiseau et la volière Souviens-toi… En mes maux mon nom Le Sceau de la Mort est lumière Non ! Je ne t’aime pas… Nul concept poussiéreux Nulle corde au coût vertigineux Vois plus loin… Au-dedans, l’émotion m’est fleur Nul vocable ne peut l’éclore Chut regarde… J’ai ouvert la cage aux « Je t’aime » Délivrant les nénies de leur anathème Non ! Je ne t’aime pas… Nul concept poussiéreux Nulle corde au coût vertigineux Chut... écoutons… Et Léguons au silence l’égard De nous (dé)couvrir sans fard Fracturer le tempsFracturer le temps Je décrois mais… Vous croire Vous rêver encore… Différemment Autrement Fracturer le temps L’organique Saigner l’effraction L’immuable Suggérer l’évasion Une trêve Faire que l’Éteint scelle Mon précieux compte de fait Alors je volerai… Je veux des ailes Entières Des ailes de phoenix Une lézarde magique Une frontière sur l’autre monde Sur Le monde Je suis la toile de vos silences Le peintre de vos non-dits J’esquisse mon cœur… là A la pointe de vos orteils Et je me cogne Et je m’attache A vos semelles méprisantes Et je vous déteste… De m’aimer Mais… puisque le conte est fait Puisque l’on meurt d’amour Je forgerai ma fraction Un zeste de sublime Encore une éternité Avant que… J’éviscère l’oriflamme M’en voulez-vous… De vous occire ? M’en voulez-vous… De n’être plus ? Qu’un fétu de faille Ou peut-être est-ce moi Qui vous aime… de me détester J’ai des souvenirs qui se percutent A l’angle passif de vos vices J’ai des souvenirs qui entaillent Les secondes trop lisses L’or ne peut-il être… Qu’éphémère ? Mes entrailles palpitent En flashes brisés Monochrome Sans trêve je vous vire Sans cesse je vous revis Vous êtes mon abîme Mon amarre Le pic de mes sanglots L’amarante mer Le port et l’arrière-garde Le vaisseau fantôme Où je suffoque Pourquoi ce ventre Abysse sale Pourquoi cette identité Fragile osselet Qui forge mon absence Qui force mon errance Je suis là sans l’être Seul l’acte donne naissance Je ne sais… que mourir Je ne veux… que vivre Mais je ne peux me défaire De ce sang… là… partout… Du miellat sur mon corps Mon Innocente éperdue Mon Esclave malfaisante Je me lacère de ta folie Meurtrière ou complice Dans quelle contrée sauvage S’égare le savoir… Ô ma douce Ma mélancolique fêlure L’impur est nôtre écrin Et nous stagnons… Dans l’hémoglobine… aimée Suppliciées de l’invisible D’où l’heure en faction Je vous vois mais… La voir autrement Me rêver encore… Différente Car l’autre ment ! Fracturer le temps L’organique Créer l’effraction Que l’étincelle vacillante Soit l’Impérieuse En mon ambitieux … En mon fêlé conte de fée J’ai au fond du cœur La certitude D’un Jour Naissant… Car je sais un rêve… une mort… Un ailleurs… une faim… Et je sais que… Je meurs de cette faim Alors… Ce jour là Je me tapirai sur vos tombes Puis… me vomissant Je bannirai vos ombres Tranche ma peauTranche ma peau
Tranche ma peau d’ange Soumis Tes dix aiguilles fétides Mes petites phalanges cinabre Tranche ma peau Le vif désarroi Et l’enfant-roi Dénaturé Ma mort n’aura d’odeur Si ce n’est le parfum du silence Tranche ma peau Paillasson de ta voracité Gerbe en mes nuits J’ai le cœur si haut Tranche ma peau d’ange Conquis Tes corbeaux d’acier Dilacèrent mon ciel Le crime in elle Harcèlent ma chair L’amour m’est une larme L’arme du Croque-mitaine Tranche ma peau De mes pieds croupis A mon corps décharné L’ichor de tes ancêtres Me flagelle Tranche… tranche Fais-moi la peau Tranche... tranche Monstre de l’ombre Ton spectre est ma morsure Mon absence sera ta mort sûre Tranche ma peau d’ange Soumis Tes dix aiguilles se fanent Mes petites phalanges s’éveillent Dis-moi… vois-tu l’interrupteur ?
L'offense
L’offense
Car l’offense qui t’est faite par le faux Ne saurait être parfaite Si au faîte de la Fête du Tout-puissant Tu fâches la Bête En lâchant la Faute.
Noli-me-tangere Noli me tangere
Le jour se disloque Pour un pas de trop Une omerta... insectueuse Une toute petite mort(e) Son faciès en distorsion Mes larmes de soufre *** Par un beau jour d’été L’hiver… L’amaurose Dans le creux d’airain Une douleur soyeuse Dans l’ombre du soleil Une tactile laideur Confusion de l’être La Mort en perfusion Plus rien ne m’atteint Mais toute chose me blesse La maison se noie L’irréel m’emporte L’Infestueux amour Idolâtre mon crâne *** Quand la nuit élève Son bastion de chair Que le Colosse informe Se délecte de mon âme J’ai la peur au cœur… Et le mâle au ventre
Noli me tangere
FaussaireFaussaire
J’appréhende les matins éclatants qui sertissent les yeux de faux semblant. Au diable les « joyeux » mécontents. Je veux des matins sans décorum. Délivrant la mélancolie d’une profonde métamorphose. Des paupières rougissantes. Sans barreaux. Je veux des cieux empourprés de mon âme close. Elle se ferait oiseau. Libre et tonnante de mille mots endoloris. Sous la voûte, virevoltante, je jouerais Ma symphonie. Une suite d’accord morose que seuls les anges décrypteraient. J’enverrai valser les frontières aux regards foudroyants leurs rengaines, cette morne comptine… qui me lance… lance… lancinante : « Mets ton masque petite fille
J’appréhende les beaux jours lumineux où il faut faire semblant et jouer. Jouer un rôle qui rassure les mal heureux. Je veux des jours sans comédie enjouée.
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